Le fou écarte les barreaux de l'espace et saute en lui-même. Il disparaît d'emblée en s'avalant.

À lire aussi de Octavio Paz

Sur le cou d'oiseau de la nuit, tu es un collier de soleil.
Tes seins deux églises où le sang célèbre ses mystères parallèles.
Un épi est tout le blé.
Le tonnerre proclame les hauts faits de l'éclair.
Viens, mon amour, viens cueillir les éclairs dans le jardin nocturne. Prends ce bouquet d'étincelles bleues, viens avec moi arracher quelques heures incandescentes à ce bloc de temps pétrifié, unique héritage que nous laissèrent nos parents.
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Dans la même œuvre

L'encre noire ouvre ses larges ailes. Mais la lampe éclate et couvre mes mots d'une couche de cristaux brisés.
J'écoute les pas étouffés de l'aurore qui s'insinue par les fentes, fille maigre et perverse qui jette une lettre pleine d'insinuations et de calomnies.
Je fais mourir de faim l'amour pour qu'il dévore ce qu'il trouve.
Je dégorge toutes les paroles, tous les credo, tous ces aliments froids dont ils nous ont gavés depuis le début.
Parfois une lueur vivace croise l'obscurité, un coup d'aile vert, écaillé. C'est le Cri, qui sort un moment dans l'air, respire et plonge à nouveau dans les profondeurs.