Auteur

Octavio Paz

L'eau parle sans cesse et jamais ne se répète.
La conscience des mots amène à la conscience de soi: à se connaître, à se reconnaître.
La solitude est le fond ultime de la condition humaine. L'homme est l'unique être qui se sente seul et qui cherche l'autre.
Les apparences sont belles dans leur vérité momentanée.
Nous avons perverti la critique. Nous l'avons mise au service de la haine de nous-mêmes et de notre monde.
Par la parole, l'homme est une métaphore de lui-même.
Savoir parler a toujours été savoir se taire, savoir qu'il ne faut pas toujours parler.
Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l'inverse, c'est de l'isolement que meurent les civilisations.
Toute oeuvre d'art est une possibilité permanente de métamorphose, offerte à tous les hommes.
Dès l'aube ce qui naît cherche son nom.
L'arbre endormi profère des oracles verts.
Le tonnerre proclame les hauts faits de l'éclair.
Un épi est tout le blé.
Nommer, c'est créer, et imaginer, c'est naître.
Le feu de l'enfer est un feu froid.
C'est toujours maintenant et à chaque heure toujours.
L'heure est boule de cristal.
Les corps sont des hiéroglyphes sensibles.
Il suffit à un homme enchaîné de fermer les yeux pour qu'il ait le pouvoir de faire éclater le monde.
Le déclin de la notion de personne est le facteur premier des désastres politiques du XXe siècle et de l'avilissement général de notre civilisation.
Le baume qui cicatrise la blessure du temps se nomme religion; le savoir qui nous amène à vivre avec notre blessure se nomme philosophie.
L'imagination religieuse avait conçu un Dieu supérieur à ses créatures; l'imagination technique a conçu un Dieu-ingénieur, inférieur à ses inventions.
Il n'y a pas de moi, toujours nous sommes nous autres. La vie est autre, toujours là-bas, plus loin, hors de toi, de moi, toujours horizon.
La création poétique est d'abord violence faite au langage, son premier acte est de déraciner les mots.
L'encre noire ouvre ses larges ailes. Mais la lampe éclate et couvre mes mots d'une couche de cristaux brisés.

Œuvres de Octavio Paz

A la orilla del mundo, la Estacion violenta, Himno entre ruinasA propos de López Velarde (1965)L'Arc et la Lyre (1956)La Flamme double (1993)Libertad bajo palabraLibertad bajo palabra, I, Condición de nubeLibertad bajo palabra, II, ¿ Aguila o Sol?Liberté sur parole (1958)Mise au net (1977)Mise au ventPierre de soleil (1957)Préface du Chant des aveugles de Carlos Fuentès (1964).Puerta Condenada, El joven soldado, III, Conversación en unVersant Est (1969)