L'heure est boule de cristal.
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L'encre noire ouvre ses larges ailes. Mais la lampe éclate et couvre mes mots d'une couche de cristaux brisés.
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À lire aussi de Octavio Paz
Enfermé entre quatre murs (au nord, le cristal du non-savoir, paysage à inventer au sud, la mémoire sillonnée à l'est, le miroir à l'ouest, la pierre et le chant du silence), j'écrivais des messages sans réponse, détruits à peine signés.
Viens, mon amour, viens cueillir les éclairs dans le jardin nocturne. Prends ce bouquet d'étincelles bleues, viens avec moi arracher quelques heures incandescentes à ce bloc de temps pétrifié, unique héritage que nous laissèrent nos parents.
Je fais mourir de faim l'amour pour qu'il dévore ce qu'il trouve.
La création poétique est d'abord violence faite au langage, son premier acte est de déraciner les mots.
Dans la même œuvre
J'écoute les pas étouffés de l'aurore qui s'insinue par les fentes, fille maigre et perverse qui jette une lettre pleine d'insinuations et de calomnies.
Je fais mourir de faim l'amour pour qu'il dévore ce qu'il trouve.
Je dégorge toutes les paroles, tous les credo, tous ces aliments froids dont ils nous ont gavés depuis le début.
Parfois une lueur vivace croise l'obscurité, un coup d'aile vert, écaillé. C'est le Cri, qui sort un moment dans l'air, respire et plonge à nouveau dans les profondeurs.
Viens, mon amour, viens cueillir les éclairs dans le jardin nocturne. Prends ce bouquet d'étincelles bleues, viens avec moi arracher quelques heures incandescentes à ce bloc de temps pétrifié, unique héritage que nous laissèrent nos parents.