Enfermé entre quatre murs (au nord, le cristal du non-savoir, paysage à inventer au sud, la mémoire sillonnée à l'est, le miroir à l'ouest, la pierre et le chant du silence), j'écrivais des messages sans réponse, détruits à peine signés.

À lire aussi de Octavio Paz

Je suis la blessure qui ne se cicatrise pas, la petite pierre solaire: si tu me frôles, le monde s'incendiera.
Le fou écarte les barreaux de l'espace et saute en lui-même. Il disparaît d'emblée en s'avalant.
Château d'une seule masse, irréfutable proposition de lave ! A l'intérieur, est-ce amour, carnage ou chant ?
Savoir parler a toujours été savoir se taire, savoir qu'il ne faut pas toujours parler.
Je suis une arène où je me jette sur des capes illusoires que me présentent des toreros endeuillés. Don Tancredo se dresse au centre de l'arène, immobile, éclair de craie.
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Dans la même œuvre

L'encre noire ouvre ses larges ailes. Mais la lampe éclate et couvre mes mots d'une couche de cristaux brisés.
J'écoute les pas étouffés de l'aurore qui s'insinue par les fentes, fille maigre et perverse qui jette une lettre pleine d'insinuations et de calomnies.
Je fais mourir de faim l'amour pour qu'il dévore ce qu'il trouve.
Je dégorge toutes les paroles, tous les credo, tous ces aliments froids dont ils nous ont gavés depuis le début.
Parfois une lueur vivace croise l'obscurité, un coup d'aile vert, écaillé. C'est le Cri, qui sort un moment dans l'air, respire et plonge à nouveau dans les profondeurs.