J'écris sur la table crépusculaire, en appuyant la plume sur sa poitrine presque vivante, qui gémit et se souvient de la forêt natale.
❧
Note sereine, qui avance par un pays de neige et d'ailes, entre des précipices et des cimes où les astres aiguisent leurs couteaux, et que seul accompagne un murmure grave de traîne veloutée - où te diriges-tu ?
◆
À lire aussi de Octavio Paz
Le fou écarte les barreaux de l'espace et saute en lui-même. Il disparaît d'emblée en s'avalant.
Les apparences sont belles dans leur vérité momentanée.
Il suffit à un homme enchaîné de fermer les yeux pour qu'il ait le pouvoir de faire éclater le monde.
Il y a un aquarium d'yeux dans ton alcôve.
Dans la même œuvre
L'encre noire ouvre ses larges ailes. Mais la lampe éclate et couvre mes mots d'une couche de cristaux brisés.
J'écoute les pas étouffés de l'aurore qui s'insinue par les fentes, fille maigre et perverse qui jette une lettre pleine d'insinuations et de calomnies.
Je fais mourir de faim l'amour pour qu'il dévore ce qu'il trouve.
Je dégorge toutes les paroles, tous les credo, tous ces aliments froids dont ils nous ont gavés depuis le début.
Parfois une lueur vivace croise l'obscurité, un coup d'aile vert, écaillé. C'est le Cri, qui sort un moment dans l'air, respire et plonge à nouveau dans les profondeurs.