Ecrire ne serait donc qu'un leurre, une autre compromission avec le temps.

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Ecrire c'est traverser une saison qui n'est sur aucun calendrier.
Et l'on sait que l'absence grossit dans la poitrine, fait le coeur énorme et qu'on la porte en plus de son propre poids. Elle est partout, remplit tout.
J'aime la page que je vais écrire comme une amoureuse qui court à son rendez-vous.
Elle écrase son chagrin contre la vitre. La tentation est grande d'imaginer que c'est un front qu'elle a contre le sien. Un front pour y appuyer sa peine.
O vie terrestre et rampante, tu ne pourras nier que l'écriture est une consolation.
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J'aime la page que je vais écrire comme une amoureuse qui court à son rendez-vous.
Les livres m'apparaissent comme les tombes d'êtres aimés qu'on oublie de visiter. Oui, les livres ont à voir avec la mort.
Que j'écrive ou non, la face du monde n'en sera pas changée. Et pourtant, c'est un peu comme si j'étais en sursis et que chaque mot fût un rempart contre la mort.
Comment se protéger derrière un masque quand on entend le raclement de la pelle qui creuse la fosse?