La fin des amours est éreintante. Même lorsqu'on y pense longtemps après.
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J'aime la page que je vais écrire comme une amoureuse qui court à son rendez-vous.
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Aujourd'hui les histoires les plus surprenantes nous arrivent par le petit écran ou par les journaux. Alors, pourquoi écrire? Justement parce que c'est autre chose. Parce que cela procède d'un rendez-vous surnaturel.
Pourquoi faut-il toujours forcer le destin, c'est-à-dire les autres ?
Ecrire c'est traverser une saison qui n'est sur aucun calendrier.
Pour garder dans sa mémoire le souvenir de quelques minutes heureuses, il faut chaque jour s'exercer à y penser, chaque jour les glaner, comme ces femmes ramassant l'hiver pour se chauffer un peu de bois mort qu'elles serrent au creux de leur tablier.
Dans la même œuvre
Ecrire ne serait donc qu'un leurre, une autre compromission avec le temps.
Les livres m'apparaissent comme les tombes d'êtres aimés qu'on oublie de visiter. Oui, les livres ont à voir avec la mort.
Que j'écrive ou non, la face du monde n'en sera pas changée. Et pourtant, c'est un peu comme si j'étais en sursis et que chaque mot fût un rempart contre la mort.
Comment se protéger derrière un masque quand on entend le raclement de la pelle qui creuse la fosse?