Pour garder dans sa mémoire le souvenir de quelques minutes heureuses, il faut chaque jour s'exercer à y penser, chaque jour les glaner, comme ces femmes ramassant l'hiver pour se chauffer un peu de bois mort qu'elles serrent au creux de leur tablier.

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Y a-t-il un moment où l'on doive se partager entre les âmes des défunts et l'appel des vivants?
Ecrire c'est traverser une saison qui n'est sur aucun calendrier.
Que j'écrive ou non, la face du monde n'en sera pas changée. Et pourtant, c'est un peu comme si j'étais en sursis et que chaque mot fût un rempart contre la mort.
Qui peut croire qu'on écrit simplement pour faire un livre?
Elle écrase son chagrin contre la vitre. La tentation est grande d'imaginer que c'est un front qu'elle a contre le sien. Un front pour y appuyer sa peine.
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