Œuvre
L'Or des chambres (1976)
Une seule phrase compte dans un livre, et il n'est pas donné à celui qui écrit de savoir laquelle.
Le bonheur rend liquide.
Quand j'ai écrit ce que je voulais (et surtout ce que je ne voulais pas), j'ai moins peur que le temps passe.
Il faut tellement croire à la vie pour écrire. Nous devrions tous faire un testament en nous imprimant dans la roche, la pierre, la terre.
Je ne peux écrire qu'en songeant que ce sera bientôt l'heure de mourir.
Comment peut-on créer la vie avec des mots? Car, enfin, écrire c'est le contraire de vivre. Pour raconter le temps, il faut s'enfermer soi-même dans une mortelle saison, d'où l'on sent mieux le temps qui passe et qu'on en est le passager.
O vie terrestre et rampante, tu ne pourras nier que l'écriture est une consolation.
J'écris. C'est mon immense consolation glacée.
Je sens une menace entre mes omoplates si je n'écris pas.
Qui peut croire qu'on écrit simplement pour faire un livre?