Des villes, angéliques ou démoniaques, apparitions légères à l'angle du voyage, ou pesantes architectures proposant au bourlingueur le pacte fallacieux de leurs mondes artificiels.

À lire aussi de Chantal Dupuy-Dunier

Les maisons passent de mains en mains, d'histoires en histoires, jusqu'à l'avènement des ruines. Curieusement, on les nomme demeures.
Soudain le ciel entonne un air de pluie, gouttes assourdissantes sur les toitures en tôle ; des gosses emplissent au caniveau une cuvette d'eau et la déversent en riant sur leurs têtes. La douche se trouve dans la rue.
Chacun de nos pas met en mouvement un film accéléré de sauterelles et de grillons. De quel monde sommes-nous les insectes?
Comme un chat qui s'étire, l'ombre de la maison s'allonge dans la cour, griffant les marches devant le portail. C'est l'heure où le jardin attend notre venue.
Juillet, mois féminin, aux jupes légères que soulève le vent, par jeu, sans penser à mal.
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Dans la même œuvre

Un lapin blond vénitien caracole sur le sentier des douaniers, lapin des mers, cul blanc couleur d'écume.
Au Supermarée, les mouettes font leurs courses dans les rayons du soleil.
Adossés aux immeubles, les fumeurs, écharpes autour du cou, font le pied de grue. D'autres, en manteaux, consument aux terrasses.
Le vieux parquet ciré se souvient d'anciens bals dont les danseurs sont morts. Leurs cavalières tournent aux bras du ciel, taille serrée dans leur robe à trois temps.
La pierre est sous la pierre, la maison sous la maison, les cimetières sous les cimetières.