Y a-t-il un moment où l'on doive se partager entre les âmes des défunts et l'appel des vivants?
❧
De retour à la maison elle griffonne les mots d'amour qu'elle aimerait recevoir. Elles les écrit pour elle même, c'est à dire personne.
◆
À lire aussi de Françoise Lefèvre
J'écris. C'est mon immense consolation glacée.
Elle écrase son chagrin contre la vitre. La tentation est grande d'imaginer que c'est un front qu'elle a contre le sien. Un front pour y appuyer sa peine.
Parfois il faut peu de chose pour être heureux. Un oiseau qui vole plus bas qu'à l'ordinaire et vient picorer à la fenêtre. L'odeur des champs juste fumés. L'odeur du fumier dans la brume.
Tout nouvel amour, toute jouissance, ce qu'on appelle le coup de foudre est fondé sur un crime. Un sacrifice humain. La mort d'un autre. Celle ou celui qu'on abandonne sur le bord du chemin. Je le sais pour avoir été des deux côtés.
Dans la même œuvre
Y a-t-il un moment où l'on doive se partager entre les âmes des défunts et l'appel des vivants?
Et l'on sait que l'absence grossit dans la poitrine, fait le coeur énorme et qu'on la porte en plus de son propre poids. Elle est partout, remplit tout.
Elle écrase son chagrin contre la vitre. La tentation est grande d'imaginer que c'est un front qu'elle a contre le sien. Un front pour y appuyer sa peine.
C'est inouï le nombre de gens qu'il faut chasser de sa route pour qu'ils ne viennent pas piétiner les joies minuscules d'une journée.
La neige qui tombe n'est jamais froide quand on est heureux.