Quand on parle, on campe dans sa parole. Quand on se tait, on campe dans son silence.
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Ces gens dont l'âme et la chair sont blessées ont une grandeur que n'auront jamais ceux qui portent leur vie en triomphe.
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À lire aussi de Christian Bobin
Disposant un nuage dans le ciel, une orange dans une assiette, les peintres éclairent ce qu'il reste de jour dans le soir, inventent la juste distance qui permet à l'espace de s'ouvrir, et à l'amour de danser.
Les mains des nouveaux-nés et celles des vieillards sont à un millimètre de l'infini.
Les hommes ? Non, je ne les vois pas. Et les pères encore moins. Et les maris pas du tout. C'est comme ça : je ne sais voir que les femmes et les enfants. Pour voir un peu de cette vie, il faut commencer par en oublier beaucoup.
Le solitaire est celui qui n'est plus jamais seul parce que toutes choses viennent à lui, trouver leur nom.
Dans la même œuvre
Je suis né dans un monde qui commençait à ne plus vouloir entendre parler de la mort et qui est aujourd'hui parvenu à ses fins, sans comprendre qu'il s'est du coup condamné à ne plus entendre parler de la grâce.
Le vent a les yeux d'un voyou et les mains d'un ange.
Plus les choses sont dures, plus on leur donne des noms faibles.
La maison de long séjour est appelée «maison de cure». Les infirmes, les vieillards et les agonisants qui la peuplent sont appelés des «résidents». Plus les choses sont dures, plus on leur donne des noms faibles.
Dans ce monde qui ne rêve que de beauté et de jeunesse, la mort ne peut plus venir qu'à la dérobée, comme un serviteur disgracieux que l'on ferait passer par l'office.