Œuvre

Le huitième jour de la semaine

Leçon ancestrale, coutume venue de la nuit des temps: attendre infiniment, mais sans rien attendre de personne.
Celui qui parle est sans absence.
Il y a une pureté du mal, une lumière du noir.
... cette plus haute forme de la connaissance: le rêve, l'adoration du silence.
Le silence est la plus haute forme de la pensée, et c'est en développant en nous cette attention muette au jour, que nous trouverons notre place dans l'absolu qui nous entoure.
Je lui parle en souriant, comme il convient de parler à ceux que l'on aime.
... ce goût têtu de l'oisiveté - c'est-à-dire de l'amour - ...
(Aimer et mourir) sont deux lueurs qui ne font qu'un seul feu, et sans doute est-ce pour cela que nous aimons si peu, si mal: il nous faudrait consentir à notre propre défaite.
... c'est dans l'épuisement que l'on augmente ses forces. C'est dans l'abandon que l'on devient prince, et dans l'éclat de mourir que l'on découvre ce plus noble éclat de l'amour.
Combien de mois, combien de vies faut-il pour écrire une phrase qui égale en puissance la beauté des choses?
Il faut ... vouloir ce que l'on aime, et il faut le vouloir d'une volonté profonde, pure de toute impatience, comme obscure à elle-même.
Dans le monde, on ne dit rien, avec beaucoup de mots. Dans les livres on n'en dit pas plus, mais avec d'autres mots.
Il y a une joie élémentaire de l'univers, que l'on assombrit chaque fois que l'on prétend être quelqu'un, ou savoir quelque chose.
Le solitaire est celui qui n'est plus jamais seul parce que toutes choses viennent à lui, trouver leur nom.
Oui, c'est un pur miracle, que par des mots enterrés dans des livres, l'on puisse raviver une source, rafraîchir un jardin.
Le sommeil est un mystère et, en tant que tel, il touche la mort d'un côté, et l'amour de l'autre.