... ce mélange de vouloir instruire et mépriser à la fois qui est si fréquent chez les intellectuels: on parle à quelqu'un qui est à un mètre de soi et on est envoyé à des années-lumières.
❧
Je suis né dans un monde qui commençait à ne plus vouloir entendre parler de la mort et qui est aujourd'hui parvenu à ses fins, sans comprendre qu'il s'est du coup condamné à ne plus entendre parler de la grâce.
◆
À lire aussi de Christian Bobin
Il est bon pour un enfant d'avoir ses deux parents, chacun le protégeant de l'autre: le père pour le garder d'une mère trop dévorante, la mère pour le garder d'un père trop souverain.
Les livres d'hier étaient en peau. La Bible est le seul livre d'air - un déluge d'encre et de vent.
La beauté est l'ensemble de ces choses qui nous traversent et nous ignorent, aggravant soudain la légèreté de vivre.
Le mal, c'est ce à quoi je prends part. Le bien, c'est ce que je laisse venir.
Dans la même œuvre
Ces gens dont l'âme et la chair sont blessées ont une grandeur que n'auront jamais ceux qui portent leur vie en triomphe.
Le vent a les yeux d'un voyou et les mains d'un ange.
Plus les choses sont dures, plus on leur donne des noms faibles.
La maison de long séjour est appelée «maison de cure». Les infirmes, les vieillards et les agonisants qui la peuplent sont appelés des «résidents». Plus les choses sont dures, plus on leur donne des noms faibles.
Dans ce monde qui ne rêve que de beauté et de jeunesse, la mort ne peut plus venir qu'à la dérobée, comme un serviteur disgracieux que l'on ferait passer par l'office.