L'amour, c'est de l'infini qui se rétracte. Des asymptotes qui se recroquevillent. Des parallèles qui finissent par se croiser.
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C'est la plus belle définition qui soit sans doute pour rendre le métier d'écrivain (si écrire n'est pas une profession, c'est un métier) : je n' étudie pas les êtres à travers le temps ; j'étudie le temps à travers les êtres.
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À lire aussi de Yann Moix
Mon existence, ce n'est que cela, rien que cela : l'instant présent, dans sa gratuité pure, coupé de toute racine, sourd, ingrat à tous les hiers. Je ne suis qu'une imminence.
« Se suicider à l'aveu » est non seulement une expression que je revendique, que j'assume, mais c'est une expression que j'adore. Elle signifie qu'aujourd'hui, celui qui dit la vérité sur lui est devenu l'ennemi. Si je commets un acte, tout va bien. Si je dis comment je commets cet acte, je commence à agacer. Mais si je dis pourquoi je commets cet acte, je deviens l'objet de toutes les haines et l'homme à abattre
Solide comme un bronze, fragile comme un enfant, Péguy ressemble à l'idée que je me fais de moi : injuste, irascible, caractériel, mais attachant , touchant - enfantin . Je ne me jette pas de fleurs ; j'aspire comme sur un champ de batailles à dire la vérité. Péguy et moi sommes des humbles - des humbles et des Orléanais .
Seul à seul avec soi, dans la certitude de soi, dans la solitude de soi : voici un autre enfer. Horreur d'être clos dedans soi, de ne pouvoir être que seulement soi. Infiniment et finement soi, et jamais rien d'autre. Finir là où tout a commencé : en soi, pour soi, à soi, vers soi, au fin fond de soi. Être ramené à soi, à soi seul, comme dans une souricière. Et non seulement n'être que soi, mais n'être que le sempiternel même soi, un soi sans issue, habiter sa tautologie, se confondre avec ce que nous avons fini par être : rien que soi. Soi et rien d'autre. C'est à devenir fou.
Dans la même œuvre
J'aimais le soleil. J'aimais la pluie. J'aimais chaque nuage. J'aimais les arbres et les buissons de la cour. Mes « parents » m'eussent tué sur le coup s'ils l'avaient appris : mais je crois bien que j'aimais la vie.
Celui qui pense que la mort est le personnage dont la vie est le décor s'appelle un pessimiste ; celui qui pense que la vie est le protagoniste dont la mort est le paysage se nomme un optimiste.
Celui qui n'est point passionné est un homme mort ; il est une carpe qui sèche sur la pierre du bassin, se tordant de douleur sous les rayons du soleil d'août.
Tout est susceptible d'humilier un enfant ; la moindre remarque, la plus petite brutalité, un mouvement d'humeur, un geste violent peuvent s'inscrire à jamais dans sa chair, y gravant le texte de ses folies à venir, dont il sera le monomaniaque interprète et le jouet chevronné. Qui nous dit que la démence ne provient pas d'une humiliation de trop ?
Rien ne vaut la pédagogie ; elle détient le secret de la mise au monde des vocations.