Auteur

Valentin Musso

La seule conscience que nous pouvons avoir du temps qui passe réside dans ce réveil douloureux qui nous fait découvrir un jour un étranger devant le miroir.
Assister à une autopsie, dans ces salles carrelées, totalement aseptisées et baignées d'une lumière trop artificielle était un moment difficile à passer: on pouvait supporter, mais on ne se blindait jamais.
Les premiers liens conduisaient vers des pages Facebook ou LinkedIn. François ne s'était jamais fait à ces réseaux sociaux - pour lui le comble de l'exhibition et de l'impudeur. Il ne comprenait pas comment des gens pouvaient volontairement étaler leurs moindres faits et gestes, qui ne passionnaient personne d'autre qu'eux.
Les gens n'aimaient pas les nuances. Il fallait forcément qu'il y ait les bons d'un côté et les méchants de l'autre. Un monde manichéen et rassurant. Qui vous permettait de dormir tranquille et de ne pas trop vous poser de questions.
Suivant les circonstances, nous sommes tous amenés à mentir à un moment ou un autre de notre existence. Et nous ne mentons pas forcément pour tromper l'autre ou dissimuler des actions honteuses... Chacun peut avoir de bonnes raisons...
Je ne me suis jamais habituée à ces téléphones, je ne me sers pratiquement que du fixe. Je n’aime pas beaucoup l’idée de pouvoir être contactée vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ces nouvelles technologies finissent par nous rendre la vie impossible...
Les hommes sont prévisibles : ils commencent par tout nier en bloc avant de s’effondrer et de vous donner plus de détails que vous n’en demandiez. Sa maîtresse – Dieu que je déteste ce mot ! – était une thésarde qui travaillait dans son département d’histoire médiévale. On ne peut pas imaginer combien de professeurs d’université ont des relations avec de jolies chercheuses.
Une promesse ne vaut rien quand on est forcé de la faire.
Vous savez ce que Jung disait de la psychanalyse ? - \r\n– « Elle s’arrête quand le patient est ruiné. »
Il sourit à son tour en songeant que, pour faire plaisir aux autres, il suffisait parfois d'un petit mensonge.
La mémoire inaltérable d’Internet... Rien ne disparaissait jamais. La moindre photo, le moindre commentaire posté pouvaient vous poursuivre toute votre vie.
Si l'on veut prouver que l'on est sain d'esprit, l'apparence est essentielle. Elle sait que les gens remarquent d'avantage les femmes négligées que les hommes, et qu'ils sont toujours prompts à en tirer des conclusions hâtives.
Ma mère disait toujours : « Attendez la nuit pour dire que le jour a été beau. »
C'est une absurdité de croire que les sentiments seuls ont le pouvoir d'effacer les mensonges et les trahisons.
C'est le grand drame des handicapés des sentiments : Ils ont l'impression constante de se faire violence et de dépasser leurs propres limites dans l'indifférence la plus totale, sans que personne ne leur sache gré de leurs efforts.
Les secrets ont leur rhétorique fallacieuse. Un secret n’est pas un mensonge par omission – conception trop facile et rassurante. Il est un négatif photographique, une réalité en creux ayant sa propre existence et qui le jour où elle est mise à jour peut tout dévaster, là où, révélée à temps, elle aurait sans doute blessé, mais de ces blessures dont on guérit. Sa force destructrice réside dans la dissimulation, plus que dans le contenu dissimulé. C’est ce qu’avaient refusé de comprendre mes grands-parents.
Certaines choses sont trop pénibles pour être appréhendées sur le coup. Ce n'est que plus tard, dans la solitude, le souvenir, que pointe la compréhension; quand les cendres sont froides, qu'on regarde autour de soi pour se retrouver dans un monde entièrement différent.
Je ne sais plus qui a dit que la seule conscience que nous pouvons avoir du temps qui passe réside dans ce réveil douloureux qui nous fait découvrir un jour un étranger devant le miroir.
Les secrets trop longtemps enfouis ne viennent nous heurter que lorsque nous prenons conscience qu'ils peuvent détruire la vie de nos proches.
Chaque homme est à lui seul une société secrète
Tout être humain est un abime. On a le vertige quand on regarde dedans.
On vit vraiment une époque déprimante… Les hommes sont tout le temps soupçonnés d’arrière-pensées dégoûtantes. On ne peut même plus faire un compliment à une femme sans passer pour un détraqué sexuel...
Il n’y a rien qui nous rende plus vulnérables que les enfants, Adam. Tout ce que l’on prend pour des problèmes n’en est pas tant que la chair de notre chair est en sécurité.
Personne, pourtant, ne fait exception sur cette terre. Chacun de nous est susceptible de voir sa vie voler en éclats, quel que soit sa force de caractère.
On n’efface pas ses origines. On ne rattrape pas les écoles privées, les week-ends à Cape Cod, les vacances en Europe et tous les signes d’une jeunesse dorée.

Œuvres de Valentin Musso

Dernier été pour Lisa (2019)La femme à droite sur la photo (2018)La ronde des innocents (2010)Le Murmure de l'ogre (2013)Les cendres froides (2011)Sans faille (2015)Un autre jour (2019)Une vraie famille (2016)