Certaines choses sont trop pénibles pour être appréhendées sur le coup. Ce n'est que plus tard, dans la solitude, le souvenir, que pointe la compréhension; quand les cendres sont froides, qu'on regarde autour de soi pour se retrouver dans un monde entièrement différent.

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La mémoire inaltérable d’Internet... Rien ne disparaissait jamais. La moindre photo, le moindre commentaire posté pouvaient vous poursuivre toute votre vie.
Les premiers liens conduisaient vers des pages Facebook ou LinkedIn. François ne s'était jamais fait à ces réseaux sociaux - pour lui le comble de l'exhibition et de l'impudeur. Il ne comprenait pas comment des gens pouvaient volontairement étaler leurs moindres faits et gestes, qui ne passionnaient personne d'autre qu'eux.
Tout être humain est un abime. On a le vertige quand on regarde dedans.
C'est une absurdité de croire que les sentiments seuls ont le pouvoir d'effacer les mensonges et les trahisons.
Les murs de l’asile sont déjà à eux seuls le remède contre la folie.
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Dans la même œuvre

La seule conscience que nous pouvons avoir du temps qui passe réside dans ce réveil douloureux qui nous fait découvrir un jour un étranger devant le miroir.
C'est une absurdité de croire que les sentiments seuls ont le pouvoir d'effacer les mensonges et les trahisons.
C'est le grand drame des handicapés des sentiments : Ils ont l'impression constante de se faire violence et de dépasser leurs propres limites dans l'indifférence la plus totale, sans que personne ne leur sache gré de leurs efforts.
Les secrets ont leur rhétorique fallacieuse. Un secret n’est pas un mensonge par omission – conception trop facile et rassurante. Il est un négatif photographique, une réalité en creux ayant sa propre existence et qui le jour où elle est mise à jour peut tout dévaster, là où, révélée à temps, elle aurait sans doute blessé, mais de ces blessures dont on guérit. Sa force destructrice réside dans la dissimulation, plus que dans le contenu dissimulé. C’est ce qu’avaient refusé de comprendre mes grands-parents.
Je ne sais plus qui a dit que la seule conscience que nous pouvons avoir du temps qui passe réside dans ce réveil douloureux qui nous fait découvrir un jour un étranger devant le miroir.