Œuvre
Une vraie famille (2016)
Les premiers liens conduisaient vers des pages Facebook ou LinkedIn. François ne s'était jamais fait à ces réseaux sociaux - pour lui le comble de l'exhibition et de l'impudeur. Il ne comprenait pas comment des gens pouvaient volontairement étaler leurs moindres faits et gestes, qui ne passionnaient personne d'autre qu'eux.
Les gens n'aimaient pas les nuances. Il fallait forcément qu'il y ait les bons d'un côté et les méchants de l'autre. Un monde manichéen et rassurant. Qui vous permettait de dormir tranquille et de ne pas trop vous poser de questions.
Suivant les circonstances, nous sommes tous amenés à mentir à un moment ou un autre de notre existence. Et nous ne mentons pas forcément pour tromper l'autre ou dissimuler des actions honteuses... Chacun peut avoir de bonnes raisons...
Je ne me suis jamais habituée à ces téléphones, je ne me sers pratiquement que du fixe. Je n’aime pas beaucoup l’idée de pouvoir être contactée vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ces nouvelles technologies finissent par nous rendre la vie impossible...
Les hommes sont prévisibles : ils commencent par tout nier en bloc avant de s’effondrer et de vous donner plus de détails que vous n’en demandiez. Sa maîtresse – Dieu que je déteste ce mot ! – était une thésarde qui travaillait dans son département d’histoire médiévale. On ne peut pas imaginer combien de professeurs d’université ont des relations avec de jolies chercheuses.
Une promesse ne vaut rien quand on est forcé de la faire.
Vous savez ce que Jung disait de la psychanalyse ? - \r\n– « Elle s’arrête quand le patient est ruiné. »
Il sourit à son tour en songeant que, pour faire plaisir aux autres, il suffisait parfois d'un petit mensonge.
La mémoire inaltérable d’Internet... Rien ne disparaissait jamais. La moindre photo, le moindre commentaire posté pouvaient vous poursuivre toute votre vie.
Si l'on veut prouver que l'on est sain d'esprit, l'apparence est essentielle. Elle sait que les gens remarquent d'avantage les femmes négligées que les hommes, et qu'ils sont toujours prompts à en tirer des conclusions hâtives.
Ma mère disait toujours : « Attendez la nuit pour dire que le jour a été beau. »