Certaines choses sont trop pénibles pour être appréhendées sur le coup. Ce n'est que plus tard, dans la solitude, le souvenir, que pointe la compréhension; quand les cendres sont froides, qu'on regarde autour de soi pour se retrouver dans un monde entièrement différent.
❧
C'est le grand drame des handicapés des sentiments : Ils ont l'impression constante de se faire violence et de dépasser leurs propres limites dans l'indifférence la plus totale, sans que personne ne leur sache gré de leurs efforts.
◆
À lire aussi de Valentin Musso
Une fois dans la cour, tu t'es senti envahi par un malaise, honteux de ce que tu avais fait. Tu faisais l'expérience de cette banalité qu'on ne se sent pas toujours plus fort de découvrir la faiblesse de l'autre.
Pour ne pas s'apercevoir que les gens vieillissent, il faut vivre presque quotidiennement à côté d'eux.
Les accords les plus beaux à l'oreille correspondent aux rapports numériques les plus simples.
Les murs de l’asile sont déjà à eux seuls le remède contre la folie.
Dans la même œuvre
La seule conscience que nous pouvons avoir du temps qui passe réside dans ce réveil douloureux qui nous fait découvrir un jour un étranger devant le miroir.
C'est une absurdité de croire que les sentiments seuls ont le pouvoir d'effacer les mensonges et les trahisons.
Les secrets ont leur rhétorique fallacieuse. Un secret n’est pas un mensonge par omission – conception trop facile et rassurante. Il est un négatif photographique, une réalité en creux ayant sa propre existence et qui le jour où elle est mise à jour peut tout dévaster, là où, révélée à temps, elle aurait sans doute blessé, mais de ces blessures dont on guérit. Sa force destructrice réside dans la dissimulation, plus que dans le contenu dissimulé. C’est ce qu’avaient refusé de comprendre mes grands-parents.
Certaines choses sont trop pénibles pour être appréhendées sur le coup. Ce n'est que plus tard, dans la solitude, le souvenir, que pointe la compréhension; quand les cendres sont froides, qu'on regarde autour de soi pour se retrouver dans un monde entièrement différent.
Je ne sais plus qui a dit que la seule conscience que nous pouvons avoir du temps qui passe réside dans ce réveil douloureux qui nous fait découvrir un jour un étranger devant le miroir.