Par l'absence à la mort vous vous accoutumez.
Auteur
Théophile Gautier
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N'écoutez pas l'Amour, car c'est un mauvais maître; - Aimer, c'est ignorer, et vivre, c'est connaître.
Il n'y a qu'en France que le mot original, appliqué à un individu, soit presque injurieux.
Nous autres, pauvres comédiens, ombres de la vie humaine et fantômes des personnages de toute condition, à défaut de l'être nous avons au moins le paraître, qui lui ressemble comme le reflet ressemble à la chose.
Je vous aime, ô jeune fille! - Aussi, lorsque je vous vois, - Mon regard de bonheur brille, - Aussi tout mon sang pétille. - Lorsque j'entends votre voix.
C'est un amour sans mélange - Que l'amour que j'ai pour vous, - Frais comme au coeur la louange, - Ardent à toucher un ange, - Pur à rendre Dieu jaloux.
Je n'ai pas de bonheur, et suis né sous une étoile enragée.
Les âmes soeurs finissent par se trouver quand elles savent s'attendre.
Fouille mon coeur, ce coeur que tu dédaignes. - Et, qui pourtant, n'est peuplé que de toi. - Et tu verras, mon amour, que tu règnes. - Sur un pays dont nul homme n'est roi!
La préciosité, cette belle fleur française qui s'épanouit si bien dans les parterres à compartiments des jardins de la vieille école, et que Molière a si méchamment foulée aux pieds dans je ne sais plus quelle immortelle mauvaise petite pièce.
Depuis bien longtemps l'on se récrie sur l'inutilité des préfaces - et pourtant l'on fait toujours des préfaces. Il est bien convenu que les lecteurs (pluriel ambitieux) les passent avec soin, ce qui paraîtrait une raison valable de n'en pas écrire.
L'instinct de la bête, en communication avec l'âme des choses, pressent le malheur et le déplore avant qu'il soit connu.
Vous seul au monde avez vu ce que je suis; car vous m'avez vue sous le coup d'un amour bien vrai et bien profond, puisqu'il est sans espoir; et qui n'a pas vu une femme amoureuse ne peut pas dire ce qu'elle est.
J'ai demandé la vie à l'amour qui la donne, - Mais vainement; je n'ai jamais aimé personne - Ayant au monde un nom. - J'ai brûlé plus d'un coeur dont j'ai foulé la cendre, - Mais je restai toujours, comme la salamandre, - Froid au milieu du feu.
Qu'avais-tu donc perdu pour être si chagrin? - De quels amours tournés se composaient tes haines, - Et qui jalousais-tu, toi peintre souverain? - Les plus grands coeurs, hélas! ont les plus grandes peine; - Dans la coupe profonde il tient plus de douleurs.
Il est des coeurs épris du triste amour du laid.
Je suis un spadassin, non un assassin. Il est vrai que ma profonde science de l'escrime m'assure des chances, et que mon épée est presque infaillible; mais, savoir bien le jeu, ce n'est pas tricher.
Pour acquérir un nom maintenant, il faut travailler vite, beaucoup et sans relâche, et très bien car le public devient de plus en plus exigeant et difficile.
Pour la grisette et pour l'artiste, - Pour le veuf et pour le garçon, - Une mansarde est toujours triste: - Le grenier n'est beau qu'en chanson.
A l'Idéal ouvre ton âme; - Mets dans ton coeur beaucoup de ciel, - Aime une nue, aime une femme, - Mais aime! - C'est l'essentiel!
Y a-t-il quelque chose d'absolument utile sur cette terre et dans cette vie où nous sommes? D'abord, il est très peu utile que nous soyons sur terre et que nous vivions.
Il y a un proverbe russe sur les petits verres d'eau-de-vie: Le premier entre comme un pieu, le deuxième passe comme un faucon, les autres voltigent comme de petits oiseaux.
Voilà longtemps que je vous aime: - L'aveu remonte à dix-huit ans ! - Vous êtes rose, je suis blême; - J'ai les hivers, vous les printemps.
A table, l'autre jour, un réseau de guipure, - Comme un filet d'argent sur un marbre jeté, - De votre sein, voilant à demi la beauté, - Montrait, sous sa blancheur, une blancheur plus pure.
Glissant de l'épaule à la hanche, - La chemise aux plis nonchalants, - Comme une tourterelle blanche - Vint s'abattre sur ses pieds blancs.
Œuvres de Théophile Gautier
Albertus ou l'âme et le péchéAlbertus ou l'âme et le péché (1832)Albertus ou l'âme et le péché (1832), XLIXArria MarcellaArria Marcella (1852)Ballade, Cher ange, vous êtes belleBouquets et PrièresCaprices et zigzagsCelle-ci et celle-là (1833)ConstantinopleConstantinople (1853)Dernier voeuEmaux et CaméesEmaux et Camées (1852)Emaux et Camées (1852), Camélia et PâqueretteEmaux et Camées (1852), Fantaisies d'hiverEmaux et Camées (1852), Inès de las SierrasEmaux et Camées (1852), La MansardeEmaux et Camées (1852), La NueEmaux et Camées (1852), La Rose-Thé