Auteur

Théophile Gautier

Songez surtout que je vous adore avec un emportement, une frénésie, un délire qu'aucune femme ne m'a jamais inspirés.
Le fleuve se déroulait majestueusement à travers une forêt de navires aux mâtures élancées, de tout gabarit et de tout tonnage.
Dois-je la charité d'amour à toutes les pécores et donzelles qui ont la fantaisie de s'enamourer de moi?
C'était un berger monté sur ses échasses, marchant à pas de faucheux à travers les marécages et les sables.
Il exprimait avec un rare bonheur un sentiment général, et chantait tout haut ce que chacun murmurait tout bas.
On ne trouvait pas étrange que ces grands hommes fussent aussi habiles à rendre la beauté sur la toile que dans le marbre.
Les étudiants et les soldats huguenots, pour qui la journée n'est pas finie, passent tout simplement du dehors dans l'intérieur des cabarets, afin d'y continuer à huis clos leurs libations et leurs jeux.
En effet, rien ne meurt, tout existe toujours; nulle force ne peut anéantir ce qui fut une fois...
Puisque nous sommes seuls, nous n'avons pas besoin d'avoir de l'esprit; cela est bon devant des bourgeois qu'on veut illusionner.
Une allégresse infinie égayait la terre et le ciel. Tout respirait la joie et l'amour partagé; l'atmosphère était imprégnée de jeunesse et de bonheur.
Un des grands malheurs de la vie moderne, c'est le manque d'imprévu, l'absence d'aventures. Tout est si bien réglé, si bien engrené, si bien étiqueté, que le hasard n'est plus possible.
Hélas! rien ne peut détourner l'ascendant fatal, et nul ne saurait éviter l'influence bienfaisante ou maligne de son étoile.
Je ne sais qui a dit je ne sais où que la littérature et les arts influaient sur les moeurs. Qui que ce soit, c'est indubitablement un grand sot.
Sa faculté d'improvisation étonnait même les Italiens. C'était de l'instantanéité. La pensée, la parole et la rime jaillissaient en même temps, et quelle rime!
Que voit-on dans les comédies du grand Molière? La sainte institution du mariage (style de catéchisme et de journaliste) bafouée et tournée en ridicule à chaque scène.
Une belle gravure est plus qu'une copie, c'est une interprétation.
Quand de sa jupe qui tournoie - Elle soulève le volant, - Sa jambe, sous le bas de soie, - Prend des lueurs de marbre blanc.
Aux fossés, la lentille d'eau - De ses taches vert-de-grisées - Etale le glauque rideau.
Un loup, en argot de coulisse, est le vide laissé entre la sortie d'un personnage et l'entrée d'un autre qui ne doit point voir le premier. Cet intervalle, fût-il d'une seconde, constitue une faute de mise en scène.
La douce chaleur de son corps me pénétrait à travers ses habits et les miens; mille ruisseaux magnétiques rayonnaient autour d'elle; sa vie tout entière semblait avoir passé en moi.
Elles avaient la maladie de la musique; elles en rêvaient, elles en perdaient le boire et le manger; elles n'aimaient rien d'autre chose au monde.
Donc Françoise de Plaix, comme une vraie marâtre qu'elle était, aimait peu les enfants de l'autre lit, et tâchait de favoriser les siens de tout ce qu'elle pouvait tirer de son côté et du leur.
Cher ange, vous êtes belle - A faire rêver d'amour, - Pour une seule étincelle - De votre vive prunelle, - Le poète tout un jour.
De quelle moelle de roseau, - A-t-on fait le blanc de sa peau?
Parfois l'Occasion vous contraint à la saisir en vous présentant sa mèche de cheveux devant la main, et de façon si opportune, que ce serait sottise pure de ne pas s'y accrocher à pleins doigts; car lâchée, elle ne revient point.

Œuvres de Théophile Gautier

Albertus ou l'âme et le péchéAlbertus ou l'âme et le péché (1832)Albertus ou l'âme et le péché (1832), XLIXArria MarcellaArria Marcella (1852)Ballade, Cher ange, vous êtes belleBouquets et PrièresCaprices et zigzagsCelle-ci et celle-là (1833)ConstantinopleConstantinople (1853)Dernier voeuEmaux et CaméesEmaux et Camées (1852)Emaux et Camées (1852), Camélia et PâqueretteEmaux et Camées (1852), Fantaisies d'hiverEmaux et Camées (1852), Inès de las SierrasEmaux et Camées (1852), La MansardeEmaux et Camées (1852), La NueEmaux et Camées (1852), La Rose-Thé