Œuvre

Portraits contemporains

Si tu ne m'avais pas interrompu, stupide béotien que tu es, tu le saurais il y a longtemps.
On sait avec quel infatigable dévouement madame Ingres écarta de son mari toutes ces petites misères qui taquinent le génie et le distrayent.
De tous temps l'on a orné des livres d'enjolivements plus ou moins riches.
Madame Balzac installa Honoré dans une mansarde, en lui allouant une pension suffisante à peine aux plus stricts besoins, espérant qu'un peu de vache enragée le rendrait plus sage.
On avait confiance dans l'athlétique organisation de Balzac. Nous pensions fermement qu'il nous enterrerait tous.
Il possédait un don particulier, celui de rire, non pas du rire attique mais du gros rire largement épanoui et bêtement irrésistible.
Les épaules fermes, rebondies, mates et blanches comme le marbre dépoli des statues antiques, ne se dessinent qu'assez tard; c'est un fruit d'automne, juste compensation de la perte de quelques fleurs de printemps.
L'ascension sur la montagne a quelque chose d'éthéré, de surnaturel, de lumineux qui vous enlève à la terre.
Gavarni saisit toutes ces nuances, et il les exprime d'un crayon rapide et facile, toujours sûr de lui-même.
Son attitude était celle d'un extatique, d'un somnambule qui dort les yeux ouverts; perdu dans une rêverie profonde, il n'entendait pas ce qu'on lui disait.
Les yeux agrandis par la maigreur, avaient une limpidité, un éclat et une expression extraordinaires.
Que d'heures j'ai passées à façonner une bûche et à la creuser avec du feu à la façon des sauvages !
«Fortunio», qui date à peu près de cette époque, fut inséré d'abord au Figaro sous forme de feuilletons, qui se détachaient du journal et se pliaient en livre.
Il exprimait avec un rare bonheur un sentiment général, et chantait tout haut ce que chacun murmurait tout bas.