... cet éternel besoin de fabriquer des héros.
Car jamais un acte n'est décisif par lui-même; ce qui compte, c'est la connaissance de cet acte, et ses conséquences.
Elle n'avait jamais su l'importance que peut revêtir un individu pour un autre, car elle n'avait jamais été solitaire.
L'histoire ne tolère aucun intrus, elle choisit elle-même ses héros et rejette sans pitié les êtres qu'elle n'a pas élus, si grande soit la peine qu'ils se sont donnée.
... tel est bien le caractère étrange de la nature humaine que de s'adapter partout très vite et de se sentir chez soi même dans l'éphémère, comme si là était son bon droit.
L'individu est toujours plus fort que l'idée, mais il faut seulement qu'il reste lui-même, qu'il n'abdique pas sa propre volonté.
On peut appartenir à son peuple, mais quand les peuples sont devenus fous, on n'est pas obligé de l'être en même temps qu'eux.
On peut se sacrifier pour ses propres idées, mais pas pour la folie des autres.
... tous ceux qui dépensent avec tant de magnificence leurs richesses dans l'art, qui mettent tous leurs sentiments dans la beauté de la musique, sont, dans la vie, sérieux et renfermés et ne se dévoilent qu'à celui qui peut les comprendre.
... cette lumière paisible et mélancolique qui ne permet plus de deviner, mais tout juste de reconnaître.
Il est des heures vides, creuses, qui portent en elles le destin.
(Les miracles) ne se produisent que dans l'âme de celui qui les attend.
... c'était une faute de se préoccuper des signes, de les rechercher, au lieu d'attendre que leur heure arrive et qu'ils se révèlent ...
Tous les prodiges n'avaient-ils pas leur reflet dans la réalité, et ne retrouvait-on pas dans chaque instant d'une vie naissante la splendeur de l'inaccessible et le bruissement de ce qui sera pour toujours incompréhensible?
(A propos d'un livre) - Tout y est vrai, seul y manque l'essentiel.
Il y a certaines paroles qui ne sont d'une vérité profonde qu'une seule fois.
... tout esprit vient du sang, toute pensée vient de la passion, toute passion de l'enthousiasme ...
La pause, elle aussi, fait partie de la musique.
Rien n'est plus passionné que la vénération d'un jeune homme, rien n'est plus timide, plus féminin, que son inquiète pudeur.
Celui qui n'est pas passionné devient tout au plus un pédagogue; c'est toujours par l'intérieur qu'il faut aller aux choses, toujours, toujours en partant de la passion.
Etant elle-même beauté, la jeunesse n'a pas besoin de sérénité: dans l'excès de ses forces vives, elle se laisse volontiers vampiriser par la mélancolie.
Je me sens maudit, pareil à un malade, à un infirme, car je suis totalement différent des autres et j'ai envie de pleurer, en constatant que je suis inférieur, plus mauvais, plus inutile, je suis...
O morne infini des années venues s'interposer entre hier et aujourd'hui, ô grisaille de la mer séparant des rivages perpétuellement invisibles, séparant deux coeurs!
(Il) m'a enseigné deux des choses les plus difficiles de l'existence: d'abord choisir de ne pas se soumettre à la plus grande puissance en ce monde, celle de l'argent, ensuite vivre au milieu de ses semblables sans se faire jamais le moindre ennemi.
... le beau rêve des choses inachevées où l'on se contente de souhaiter sans oser exiger, de promettre sans donner.
Œuvres de Stefan Zweig
AmerigoAmokClarissa (1992)Correspondance 1920-1931 (2005), Lettre à Victor Fleischer, 1926Correspondance 1932-1942Correspondance inéditeDestruction d'un coeur (1931)Erasme, Grandeur et décadence d' une idée (1935)Fragment d'une nouvelleFreudHistoire d'une déchéanceIvresse de la métamorphose (1984)Joseph Fouché (1930)L'amour d'Erika EwaldLa Confusion des sentiments (1927)La Peur (1925)La Pitié dangereuse (1939)La contrainteLa contrainte (1992)La ruelle au clair de lune