Une femme qui lutte contre son mal est un spectacle qu'on peut nommer édifiant.
Auteur
Sidonie Gabrielle Colette
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Une absence totale d'humour rend la vie impossible.
Une conjecture nous semble unique parce que nous ne sommes pas assez subtils pour discerner qu'elle fait pendant, vêtue de neuf, à un vieux hasard identique...
Ce qu'on trouve ne vaut pas toujours ce qu'on quitte.
A intervalles réguliers, la femme de lessive versait sur le lit de cendres un broc d'eau bouillante qu'elle filtrait dans la masse du linge.
Paris puise en lui-même sa sagesse et sa modération. Il n'est mesure que de Paris.
En attendant que nos modistes reviennent à une conception décente du chapeau, la femme lie des relations de plus en plus étroites avec le coiffeur.
Toute leur enfance les a unis, l'adolescence les sépare.
Tout près de Paris, à vos pieds, promeneurs, cette rosace délicate, c'est le jeune pissenlit, et cette perle à son centre, c'est sa future fleur.
Si je n'étais pas optimiste, je ne serais pas un homme politique. Un homme politique, c'est un homme qui est persuadé qu'il va réussir où d'autres ont échoué, un homme qui se croit digne de la tâche qu'il entreprend, qui croit au succès de ses idées.
Mes vacances? C'est d'aller travailler ailleurs.
La vie d'un être à peu près immobile est un tourbillon de hâte et de variété.
C'est au sein de pareils villages qu'il fallait chercher des vieillards durables, plutôt des vieillardes car - selon le mot désabusé d'une de celles-ci, - «ce n'est guère solide, un homme».
Eloquente, grandiloquente, volubile, Mme de Noailles ne livrait pourtant que peu d'elle-même, en agitant autour d'elle des paroles nombreuses, comme autant de voiles qu'exigeait sa pudeur.
Rien ne mène - je le sais - à l'amour. C'est lui qui se jette en travers de votre route. Il la barre, à jamais, ou s'il la quitte, laisse le chemin rompu, effondré.
S'étonner est un des plus sûrs moyens de ne pas vieillir trop vite.
Dans le coeur, dans les lettres de ma mère, étaient lisibles l'amour, le respect des créatures vivantes. Je sais donc où situer la source de ma vocation...
Si je me fais sauvage et muette quand je ne suis pas heureuse, c'est que je trouve mes ressources dans le silence et l'insociabilité.
Tout ce qui m'a étonnée dans mon âge tendre m'étonne aujourd'hui bien davantage. L'heure de la fin des découvertes ne sonne jamais. Le monde m'est nouveau à mon réveil chaque matin et je ne cesserai d'éclore que pour cesser de vivre.
Une femme se réclame d'autant de pays natals qu'elle a eu d'amours heureux. Elle naît aussi sous chaque ciel où elle guérit la douleur d'aimer.
Chercher l'amitié, la donner, c'est d'abord crier: «Asile! Asile!» Le reste de nous est sûrement moins bien que ce cri, il est toujours assez tôt pour le montrer.
Tu es là, besoin d'écrire? Tu es bien là, nécessaire, membru, typique, tu es toujours là? Je te percute, je tâte ta présence. Quelle méfiance n'eus-je pas de toi - et de moi - durant que je souhaitais avoir fini d'écrire?
Je veux écrire des livres tristes et chastes, où il n'y aura que des paysages, des fleurs, du chagrin, de la fierté, et la candeur des animaux charmants qui s'effraient de l'homme.
On s'habitue à ne pas manger, à souffrir des dents ou de l'estomac, on s'habitue même à l'absence d'un être bien aimé, on ne prend pas l'habitude de la jalousie.
Si un homme m'aime, il ne doit pas me préférer quelque chose d'autre, pas même le suicide.
Œuvres de Sidonie Gabrielle Colette
Au concert (1903)Aventures quotidiennesBelles SaisonsBelles Saisons, Discours de réceptionBelles Saisons, NoëlCes plaisirsChambre d'hôtelChambre d'hôtel (1940)Chéri (1920)Claudine en ménageClaudine s'en va (1903)Claudine à l'écoleDe ma fenêtreDialogues de bêtes (1904)Discours de réceptionDiscours de réception à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique (1935)Duo (1934)En pays connuFlore et PomoneGigi (1944)