Auteur

Seymour Papert

En matière d'éducation, nous sommes à un tournant de l'histoire.
Il n'arrive que rarement de voir un individu, sous la pression d'événements exceptionnels, réviser l'image qu'il a de sa propre intelligence et de ses limites au point de s'ouvrir de nouvelles perspectives sur ce qu'il est capable d'apprendre.
Notre pédagogie ne donne à ceux qui apprennent les mathématiques que bien peu de chances d'entrevoir le sens profond, la raison d'être, de ce sur quoi portent leurs efforts.
Pour apprendre quoi que ce soit, commencer par y trouver un sens.
L'une des menus contributions de l'informatique aux mathématiques est l'emploi de mots entiers, plutôt que de simples lettres, pour désigner une variable; ils restent mieux en mémoire.
Je suggère que la difficulté se trouve dans l'absence de quelque chose de tout simple.
... le caractère de vérité ou d'erreur d'une théorie a moins d'importance que ce qu'elle apporte dans un apprentissage.
... je ne crois pas que ce soit les ordinateurs eux-mêmes qu'il faille redouter, mais bien plutôt la façon dont la culture digérera leur présence.
Interrogé, jeune homme, sur la question qui orienterait sa vie de chercheur scientifique, il (Warren McCulloch) répondit: «De quoi donc est fait l'homme, pour avoir conçu le nombre, et de quoi donc est fait le nombre, pour être saisi par l'homme?»
Cela nous permet-il de penser que les mathématiques seraient plus proches qu'on ne le croit généralement de l'humour, des fantasmes et des rêves?
L'acte d'apprendre est en lui-même un événement local.
L'école enseigne que les « fautes » sont un mal. Résultat, elles sont un repoussoir, et l'idée ne viendrait pas de les regarder de près, de s'y attarder, de leur accorder un peu de réflexion.
Il y a un monde entre ce que les ordinateurs pourraient faire et ce que la société choisira de leur faire faire.
L'interminable apprentissage des « notions préalables ».

Œuvres de Seymour Papert

Jaillissement de l'espritJaillissement de l'esprit. Ordinateurs et apprentissage (1981)