Auteur

Sayd Bahodine Majrouh

Hier soir j'étais près de mon amant, ô veillée d'amour qui ne reviendra plus! - Comme un grelot, avec tous mes bijoux, je tintais dans ses bras jusqu'au fond de la nuit.
Pose ta bouche sur la mienne - Mais laisse libre ma langue pour te parler d'amour.
En secret je brûle, en secret je pleure, - Je suis la femme pashtoune qui ne peut dévoiler son amour.
Je me suis faite belle dans mes habits usés, - Comme un jardin fleuri dans un village en ruine.
Si meurt mon amant, que je sois son linceul! - Ainsi nous épouserons la poussière ensemble.
Déjà minuit, tu n'es toujours pas là. Mes couvertures sont en feu et me brûlent toute entière.
J'ai une fleur à la main qui se fane, - Ne sais à qui la tendre sur cette terre étrangère.
Déjà minuit, tu n'es toujours pas là. Mes couvertures sont en feu et me brûlent toute entière.
Si tu ne portes pas de blessure en pleine poitrine, - Je serai indifférente, quand bien même aurais-tu le dos troué comme une passoire.
Mon bien-aimé, mon soleil, lève-toi sur l'horizon, efface mes nuits d'exil. Les ténèbres de la solitude me couvrent de toutes parts.
Mon amant préfère les yeux couleur de ciel - Et je ne sais où changer les miens couleur de nuit.

Œuvres de Sayd Bahodine Majrouh

Le suicide et le chant. Poésie populaire des femmes pashtounes (1988)