Auteur

Romy Schneider

Le talent, c'est une question d'amour.
C'est une sensation curieuse, quand je sors dans la rue maintenant. Parfois les gens se poussent du coude en disant : « N'est-ce pas Romy Schneider ?» Et ils me dévisagent. C'est agréable et agaçant à la fois. Je me sens tiraillée. Une fois je suis fière, une autre fois j'aimerais m'asseoir dans un bistrot et manger une saucisse sans que personne ne me regarde et ne m'examine pour voir comment je m'y prends et si je me tiens bien à table. Ou si au contraire je me tiens mal et pourquoi.
A vrai dire c'est un sale métier d'être actrice de cinéma. Actrice ! Il faut s'y donner de tout son coeur. Et, à un autre moment, il ne faut pas. On est assis ou debout, on crie, on pleure. Il faut se laisser aller, vivre la situation si on veut bien la rendre. En même temps, il faut garder ses distances, ne pas perdre la tête.
Je sais que je peux m'identifier au personnage que j'interprète. C'est comme un poison qu'on avale, auquel on s'habitue et qu'on maudit en même temps.
Je ne suis pas peureuse. Je tiens le manque de courage pour un crime.
On ne peut espérer tout avoir. Le succès a un prix qu'il faut payer.
C'était une face de la médaille : amour, passion, et un sentiment de liberté indomptable. J'ai découvert l'autre face plus tard. Quand la première ivresse fut passée. J'avais surestimé mes forces. Extérieurement, j'étais libre, naturellement. J'avais coupé les ponts derrière moi, j'étais partie pour Paris contre la volonté de ma mère et de mon beau-père, je vivais avec un homme auquel je n'étais pas mariée. Mais intérieurement ? On dit trop facilement : « Je me moque de ma famille. Je vis enfin ma vie.»
En bas de l'escalier se tenait un jeune homme trop beau, trop jeune, trop bien coiffé, habillé comme un gentleman, cravate et costume trop à la mode. Alain Delon. Même le bouquet de roses qu'il avait à la main était trop rouge. J'ai trouvé l'ensemble de mauvais goût et le garçon sans intérêt. Lui m'a trouvée à vomir. C'est ainsi qu'il s'en est exprimé plus tard.
C'est pour quand mon mariage ? Et surtout avec qui ? Je m'imagine déjà quelque part un homme, qui travaille ou qui flâne, mais qui vit et m'est destiné, sans pour autant le savoir ; ça me donne une drôle d'impression.
Personne ne peut se renier. Peut-être ne peut-on tout simplement pas faire tomber en se secouant toutes les influences qui ont marqué une enfance. Alain ne le pouvait pas, je ne le pouvais pas non plus. C'est pourquoi, dès le début de nos rapports, la fin était inévitable. Seulement, à ce moment-là, nous ne le savions pas encore. Ou bien nous ne voulions pas en convenir - en tous cas, pas moi.
Personne ne peut se renier. Peut-être ne peut-on tout simplement pas faire tomber en se secouant toutes les influences qui ont marqué une enfance.
J'ai joué lé rôle de Sissi avec plaisir, c'est indéniable. Malgré tout, je ne voulais pas qu'on m'identifie au personnage. Je me sentais étiquetée, et rien n'est plus dangereux pour une actrice que de porter une étiquette au front. Mon étiquette s 'appelait Sissi. Personne ne voulait croire que je puisse être quelqu'un d'autre.
Faire du théâtre est un grand plaisir. Nous avons répété une petite pièce anglaise. J'ai eu le rôle principal. J'avais déjà joué Mephisto dans Faust.
Je l'aime mon métier et il m'aide.
Berlin représente une honte pour tout le monde. Une honte qu'on traine depuis 30 ans. Imaginez Paris ou tout autre ville coupée en deux. Berlin c'est aussi une ville plein de souvenirs personnels pour moi.
Je veux beaucoup plus m'occuper de ma vie personnelle, de ma vie privée, tourner moins de films qu'avant.
Pour réussir ma vie privée je ne dois pas être seule. Surtout qu'on me laisse enfin tranquille.
La camaraderie qui unit une équipe pendant toute la durée d'un tournage, au-delà des couches sociales, donne souvent l'illusion d'une amitié et d'une proximité, qui s'arrêtent net sitôt le film achevé. Dès le clap de fin donné, on se retrouve avec l'impression d'assister à son propre enterrement.
Ce n'est pas que je déteste les hommes, mais ils nous découragent trop.
J'ai été très seule dans ma vie. Et j'ai beaucoup pleuré.
Pour le public, je m'appelais « Sissi », pour les producteurs, j'étais l'incarnation vivante de la douce et innocente altesse impériale (...). Je semblais être seule à le savoir : je n'étais pas Sissi. J'ai interprété Sissi, mais je ne ressemblais absolument pas, dans la vie, à ce personnage légendaire. A dix ans, je n'étais pas Sissi, à dix-huit ans, beaucoup moins encore
A dix ans, je n'étais pas Sissi, à dix-huit ans, beaucoup moins encore. Je me sentais étiquetée. Et rien n'est plus dangereux pour une actrice (...). Personne ne voulait croire que je pouvais faire autre chose. Je devais jouer le rôle d'une princesse dans ce film, puis dans un autre encore. Je me suis défendue contre le deuxième Sissi et j'en ai pourtant tourné un troisième. Pourquoi ? Je ne savais tout simplement pas comment me libérer de tous mes liens, personnels et professionnels. J'étais assez désespérée.
Je suis lasse. Ma vie est un enfer. Je ne suis parfois heureuse que le soir. Pourvu qu'Elle ne revienne pas avec la nuit. Elle est toujours là. Elle, c'est l'Autre. Elle a le regard fixe dans la nuit. Elle m'engueule, elle rit. Elle pleure. (...) Elle me surveille constamment. Elle me reproche toutes mes erreurs, une fois, deux fois, trois fois. Je n'en suis jamais débarrassée. Mais je la laisse faire.
L'homme que j'aimais disait toujours : « Laisse-toi donc un peu aller, abandonne-toi, saute à l'eau...» Il avait raison. Tout me débecte. Si seulement je pouvais tuer cette Autre. Un jour, j'y arriverai (...). Mais j'ai besoin d'une force (...). Il faudrait que quelqu'un de plus fort que moi me prenne en main, me redresse, me détruise de fond en comble. Mais un tel homme existe-t-il ?
Quand j'avais fait la connaissance d'Alain, il était un débutant prometteur. Tandis que j'étais déjà une actrice célèbre. Ou disons plutôt que j'avais plus d'expérience professionnelle que lui. Puis, quand nous rencontrions (...) de grands réalisateurs, ils s'entretenaient avec Alain de leurs prochains projets. Ils me faisaient la grâce de quelques mots amicaux. J'étais déprimée. Je réagissais avec irritation à chaque nouveau succès remporté par Alain, à chaque annonce d'un fructueux contrat qu'il signait.

Œuvres de Romy Schneider

In Hollywood lave plus blanc - Page 197 de Jacques Séguéla (1982)Interview Le petit Carrousel illustré, par Sélim Sasson , 24.11.1970Interview, Champs Elysées, 10/04/1982Moi, Romy (1990)Romy Schneider intime, d'Alice Schwarzer (2018)