Les acteurs ne sont pas très objectifs sur leur travail, sur eux-mêmes.
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A dix ans, je n'étais pas Sissi, à dix-huit ans, beaucoup moins encore. Je me sentais étiquetée. Et rien n'est plus dangereux pour une actrice (...). Personne ne voulait croire que je pouvais faire autre chose. Je devais jouer le rôle d'une princesse dans ce film, puis dans un autre encore. Je me suis défendue contre le deuxième Sissi et j'en ai pourtant tourné un troisième. Pourquoi ? Je ne savais tout simplement pas comment me libérer de tous mes liens, personnels et professionnels. J'étais assez désespérée.
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C'était une face de la médaille : amour, passion, et un sentiment de liberté indomptable. J'ai découvert l'autre face plus tard. Quand la première ivresse fut passée. J'avais surestimé mes forces. Extérieurement, j'étais libre, naturellement. J'avais coupé les ponts derrière moi, j'étais partie pour Paris contre la volonté de ma mère et de mon beau-père, je vivais avec un homme auquel je n'étais pas mariée. Mais intérieurement ? On dit trop facilement : « Je me moque de ma famille. Je vis enfin ma vie.»
Acteur est le plus beau métier du monde, je ne saurais pas faire autre chose.
Pourquoi tout cela me frappe-t-il ? David est tout ce que j'aime. J'ai enterré le père.J'ai enterré le fils. Je ne les ai jamais quittés, ni l'un ni l'autre. Et moi non plus, ils ne m'ont jamais quittée.
Pour réussir ma vie privée je ne dois pas être seule. Surtout qu'on me laisse enfin tranquille.
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La camaraderie qui unit une équipe pendant toute la durée d'un tournage, au-delà des couches sociales, donne souvent l'illusion d'une amitié et d'une proximité, qui s'arrêtent net sitôt le film achevé. Dès le clap de fin donné, on se retrouve avec l'impression d'assister à son propre enterrement.
Ce n'est pas que je déteste les hommes, mais ils nous découragent trop.
J'ai été très seule dans ma vie. Et j'ai beaucoup pleuré.
Pour le public, je m'appelais « Sissi », pour les producteurs, j'étais l'incarnation vivante de la douce et innocente altesse impériale (...). Je semblais être seule à le savoir : je n'étais pas Sissi. J'ai interprété Sissi, mais je ne ressemblais absolument pas, dans la vie, à ce personnage légendaire. A dix ans, je n'étais pas Sissi, à dix-huit ans, beaucoup moins encore
Je suis lasse. Ma vie est un enfer. Je ne suis parfois heureuse que le soir. Pourvu qu'Elle ne revienne pas avec la nuit. Elle est toujours là. Elle, c'est l'Autre. Elle a le regard fixe dans la nuit. Elle m'engueule, elle rit. Elle pleure. (...) Elle me surveille constamment. Elle me reproche toutes mes erreurs, une fois, deux fois, trois fois. Je n'en suis jamais débarrassée. Mais je la laisse faire.