Les acteurs ne sont pas très objectifs sur leur travail, sur eux-mêmes.
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Je sais que je peux m'identifier au personnage que j'interprète. C'est comme un poison qu'on avale, auquel on s'habitue et qu'on maudit en même temps.
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Je ne suis pas peureuse. Je tiens le manque de courage pour un crime.
S'émanciper, c'est, pour moi, se battre pour obtenir un bonheur autre que celui pour lequel la plupart des femmes ont été éduquées. C'est par conséquent à chacune de trouver seule le moyen de sortir de ce cliché. Mais, pour l'essentiel, c'est à l'homme et à la femme de se montrer sincères dans leurs rapports, de devenir, ensemble, de véritables partenaires.
Quand j'avais fait la connaissance d'Alain, il était un débutant prometteur. Tandis que j'étais déjà une actrice célèbre. Ou disons plutôt que j'avais plus d'expérience professionnelle que lui. Puis, quand nous rencontrions (...) de grands réalisateurs, ils s'entretenaient avec Alain de leurs prochains projets. Ils me faisaient la grâce de quelques mots amicaux. J'étais déprimée. Je réagissais avec irritation à chaque nouveau succès remporté par Alain, à chaque annonce d'un fructueux contrat qu'il signait.
Pour réussir ma vie privée je ne dois pas être seule. Surtout qu'on me laisse enfin tranquille.
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C'est une sensation curieuse, quand je sors dans la rue maintenant. Parfois les gens se poussent du coude en disant : « N'est-ce pas Romy Schneider ?» Et ils me dévisagent. C'est agréable et agaçant à la fois. Je me sens tiraillée. Une fois je suis fière, une autre fois j'aimerais m'asseoir dans un bistrot et manger une saucisse sans que personne ne me regarde et ne m'examine pour voir comment je m'y prends et si je me tiens bien à table. Ou si au contraire je me tiens mal et pourquoi.
A vrai dire c'est un sale métier d'être actrice de cinéma. Actrice ! Il faut s'y donner de tout son coeur. Et, à un autre moment, il ne faut pas. On est assis ou debout, on crie, on pleure. Il faut se laisser aller, vivre la situation si on veut bien la rendre. En même temps, il faut garder ses distances, ne pas perdre la tête.
Je ne suis pas peureuse. Je tiens le manque de courage pour un crime.
On ne peut espérer tout avoir. Le succès a un prix qu'il faut payer.
C'était une face de la médaille : amour, passion, et un sentiment de liberté indomptable. J'ai découvert l'autre face plus tard. Quand la première ivresse fut passée. J'avais surestimé mes forces. Extérieurement, j'étais libre, naturellement. J'avais coupé les ponts derrière moi, j'étais partie pour Paris contre la volonté de ma mère et de mon beau-père, je vivais avec un homme auquel je n'étais pas mariée. Mais intérieurement ? On dit trop facilement : « Je me moque de ma famille. Je vis enfin ma vie.»