Auteur

Romain Gary

Décidé à faire dans le génie, je n'arrivais qu'à manquer de talent.
Je vois la vie comme une grande course de relais où chacun de nous, avant de tomber, doit porter plus loin le défi d'être un homme.
Si on pouvait mourir de honte, il y a longtemps que l'humanité ne serait plus là.
Je suis convaincu que les frustrations éprouvées dans l'enfance laissent une marque profonde et indélébile et ne peuvent plus jamais être compensées.
La prochaine fois qu'on insulte ta mère devant toi, la prochaine fois, je veux qu'on te ramène à la maison sur des brancards. Tu comprends? ... Je veux qu'on te ramène en sang.
Dans mes désespoirs, toujours aussi rageurs que passagers, je me tourne contre l'extérieur et non contre moi-même, et j'avoue que loin de me couper l'oreille comme Van Gogh, c'est aux oreilles des autres que je songerais plutôt à mes bons moments.
Le bonheur est accessible, il suffit simplement de trouver sa vocation profonde, et de se donner à ce qu'on aime avec un abandon total de soi.
Le monde s'était rétréci pour moi jusqu'à devenir une feuille de papier contre laquelle je me jetais de tout le lyrisme exaspéré de l'adolescence.
Difficile à faire dans le génie, je n'arrivais qu'à manquer de talent. Il est difficile lorsqu'on se sent le couteau sur la gorge, de chanter juste.
Il m'a toujours fallu le réconfort d'une féminité à la fois vulnérable et dévouée, un peu soumise et reconnaissante, qui me donne le sentiment d'offrir alors que je prends, de soutenir alors que je m'appuie.
La vie est jeune. En vieillissant, elle se fait durée, elle se fait temps, elle se fait adieu. Elle vous a tout pris, et elle n'a plus rien à vous donner.
Je suis un vieux mangeur d'étoiles et c'est à la nuit que je me confie le plus aisément.
Elle avait des yeux où il faisait si bon vivre que je n'ai jamais su où aller depuis.
Parfois je lève la tête et regarde mon frère l'Océan avec amitié: il feint l'infini, mais je sais que lui aussi se heurte partout à ses limites, et voilà pourquoi, sans doute, tout ce tumulte, tout ce fracas.
Je ne sais pas ce que je vois au juste dans les yeux des bêtes, mais leur regard a une sorte d'interpellation muette, d'incompréhension, de question, qui me rappelle quelque chose et me bouleverse complètement.
C'était très exactement ce que j'entendais par fidélité: lorsqu'on fait passer l'amour avant le plaisir.
Il y a déjà eu tant d'appels au secours, tant de bouteilles jetées à la mer, qu'il est étonnant de voir encore la mer, on ne devrait plus voir que les bouteilles.
Les hommes meurent parfois beaucoup plus tôt qu'on ne les enterre.
Dès qu'un homme se met à me parler «femmes», au pluriel, sur un ton de complicité masculine entre connaisseurs de viande sur pied, je ressens à son égard une montée de haine presque raciste.
Il y a la virilité et il y a l'infection virile, avec ses millénaires de possession, de vanité et de peur de perdre.
Vivre est une prière que seul l'amour d'une femme peut exaucer.
«Vivre», ce n'est ni respirer, ni souffrir, ni même être heureux, vivre est un secret que l'on ne peut découvrir qu'à deux.
Le monde se meurt de l'envie de naître. Notre société s'est épuisée à réaliser les rêves du passé.
La fin du monde va provoquer une chute à la Bourse, c'est certain. En cas d'Apocalypse, achetez de l'or...
L'attachement à la vie est un des plus grand méfaits de l'amour.

Œuvres de Romain Gary

A la parution de son livre Les Cerfs-volants en 1980.Adieu Gary Cooper (1969)Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable (1975)Charge d'âme (1977)Chien blanc (1970)Clair de femme (1977)Education européenne (1945)Europa (1972)Gros-Câlin (1974) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)L' angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d' Emile Ajar)L'Affaire homme (2005)L'angoisse du roi Salomon (1979) (sous le pseudonyme d'Emile Ajar)La Danse de Gengis Cohn (1965)La Danse de Gengis Cohn (1967)La Promesse de l' aube (1960)La Promesse de l'aube (1960)La Tête coupableLa nuit sera calme (1974)La vie devant soiLa vie devant soi (1975)