Œuvre
La Danse de Gengis Cohn (1967)
Lorsque la police avoue son impuissance, je me sens tout regaillardi: il y a de l'espoir.
Le rire est le propre de l'homme.
Nous savons que Dieu n'est pas inaccessible à la pitié. Il a ses moments de distraction, comme tout le monde: parfois, il oublie un homme, et ça fait une vie heureuse.
Mais je vais vous dire quelque chose, entre nous, dans le plus grand secret: Dieu n'est pas un homme.
Dieu, on connaît ses limites, ça ne va jamais très loin, mais avec les hommes, c'est illimité, ils sont capables de tout.
Je me demande si ce n'est pas ça, le vrai, le très grand amour: deux êtres qui ne se rencontrent pas.
La violence a toujours été la gesticulation favorite de l'impuissance.
Le renouveau a toujours été d'abord un retour aux sources.
Il y a parfois chez les natures d'élite quelque chose de tellement bien habillé, de si distingué, de soigneusement boutonné que l'on en vient parfois à se demander s'il y a un art plus grand que l'art de se couvrir.
On peut avoir le goût de l'absolu, de la possession totale - de la solution finale, si vous voulez - sans jamais y parvenir, mais sans se décourager. L'espoir, c'est ça qui compte.
Plus on s'enfonce dans le subconscient de l'homme et plus on est sûr de tomber sur Dieu, et plus on s'enfonce dans le subconscient de Dieu, et plus on est sûr de tomber sur l'homme.
L'humanité est si belle qu'il faut se contenter de l'aimer et de la servir sans jamais l'examiner d'un oeil trop attentif. Sans quoi, on risque de perdre la vue ou même la raison.
Au fond, si la mort n'existait pas, la vie perdrait son caractère comique.