Œuvre

La nuit sera calme (1974)

S'il est une part humaine qui ne peut pas se passer d'imaginaire, c'est notre part d'amour.
Le rire, la moquerie, la dérision sont des entreprises de purification, de déblaiement, ils préparent des salubrités futures.
Il y a une crise d'imagination, et sans imagination, l'amour n'a aucune chance.
Pour moi, toute la notion de profondeur de l'homme n'a de profond que sa prétention.
Un homme qui est bien dans sa peau est ou bien un inconscient ou bien un salaud. Personne n'est dans sa peau sans être aussi dans la peau des autres et cela devrait tout de même poser quelques problèmes, non ?
L'amour passe par des temps très difficiles. Il y a une crise d'imagination, et sans imagination, l'amour n'a aucune chance.
J'ai le goût du merveilleux. Ce sont des restes d'enfance. Il n'y a pas de création sans ça.
La culture n'a absolument aucun sens si elle n'est pas un engagement absolu à changer la vie des hommes. Elle ne veut rien dire. C'est une poule de luxe.
Ca m'est complètement égal qu'on interdise Rembrandt aux aveugles, Dostoïevski aux illettrés et Bach aux sourds...
La seule obligation sacrée que j'attribue à l'art ou à la littérature, c'est la recherche des vraies valeurs. Je crois qu'il n'y a rien de plus important pour un écrivain, dans la mesure où il se soucie de la vérité.
L'inaccessible, on le fabrique souvent soi-même.
Le roman et la vie se confondent, ma vie est une Narration tantôt vécue tantôt imaginée et si un journal américain m'a donné le nom de collectionneur d'âmes, c'est que je ne cesse de faire mon plein de je innombrables, par tous les pores de ma peau.