Parfois je lève la tête et regarde mon frère l'Océan avec amitié: il feint l'infini, mais je sais que lui aussi se heurte partout à ses limites, et voilà pourquoi, sans doute, tout ce tumulte, tout ce fracas.

À lire aussi de Romain Gary

Je suis a priori contre tous ceux qui croient avoir absolument raison. Je suis contre tous les systèmes politiques qui croient détenir le monopole de la vérité. Je suis contre tous les monopoles idéologiques.
Sans imagination, l'amour n'a aucune chance.
Il y a déjà eu tant d'appels au secours, tant de bouteilles jetées à la mer, qu'il est étonnant de voir encore la mer, on ne devrait plus voir que les bouteilles.
L'amour, tu sais, ce dont il a le plus besoin, c'est l'imagination. Il faut que chacun invente l'autre avec toute son imagination, avec toutes ses forces et qu'il ne cède pas un pouce de terrain à la réalité ; alors là, lorsque deux imaginations se rencontrent… Il n'y a rien de plus beau !
Au fond, si la mort n'existait pas, la vie perdrait son caractère comique.
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Dans la même œuvre

Cette inaptitude atavique à désespérer, qui est en moi comme une infirmité contre laquelle je ne puis rien, finissait par prendre l'apparence de quelque heureuse et congénitale imbécilité ...
Un soir, j'étais sorti sur le pont et, accoudé au bastingage, je regardais le sillage phosphorescent du navire.
Il avait malgré tout une croix de guerre avec étoile, ce qui n'était pas mal à l'époque, pour un biffin.
Nous eûmes la chance que le diagnostic du médecin fût rapide et sûr: il s'agissait d'une crise de coma hypoglycémique, due à une trop forte piqûre d'insuline.
Un intolérable sentiment de privation, de dévirilisation, presque d'infirmité, s'empara de moi.