Œuvre
Les Enchanteurs (1973)
Ils étaient frères de race, mais d'une race plus vraie que toutes celles qu'inventent la haine et la petitesse de ceux qui cherchent plus bas que soi, afin de se sentir supérieurs.
Les idées me font parfois penser aux graines trouvées sous les glaciers après des millénaires, qui redeviennent fécondes dès qu'elles sont rendues à l'air libre et à la lumière, et se remettent à vivre, à s'épanouir et à triompher.
Le Temps, qui ne peut souffrir ce qui dure, a contre les livres une dent particulièrement féroce. Il craint par-dessus tout ces porteurs de germes, germes d'éternité où les idées demeurent vivantes et toujours prêtes à jaillir.
Souviens-toi, plus tard, quand tu seras grand, que les monstres les plus redoutables sont invisibles. C'est justement ce qui les rend si dangereux. Il faut apprendre à les flairer.
Il me fallut bien du temps pour comprendre que rien ne vaut à un homme plus de récompenses que l'art de rassurer.
Qu'est-ce donc que l'amour sinon une oeuvre d'imagination ?
Les femmes sont vulnérables au murmure de l'âme et l'art de la séduction est fait de délicatesse.
Les souvenirs, c'est une chanson que l'on se chante quand on n'a plus de voix.
Il cherchait à cacher son manque d'assurance sous cet excès d'autorité qui est toujours le dernier recours de la faiblesse.
Les chemins qui mènent à la liberté et à la dignité humaine passent par bien des abîmes et ne sauraient donc mener d'un seul coup aux sommets...
Je ne vieillerai jamais, lui annonçai-je. C'est très facile. Il suffit de l'encre, du papier, d'une plume et d'un coeur de saltimbanque.
L'amour, tu sais, ce dont il a le plus besoin, c'est l'imagination. Il faut que chacun invente l'autre avec toute son imagination, avec toutes ses forces et qu'il ne cède pas un pouce de terrain à la réalité ; alors là, lorsque deux imaginations se rencontrent… Il n'y a rien de plus beau !