Rarement il advient qu'aux hautes entreprises une fortune injuste ne s'oppose, - qui mal s'accorde aux travaux magnanimes.
La mort est fin d'une prison obscure - pour les âmes nobles; elle est angoisse pour les autres, - qui ont placé dans la fange toute leur sollicitude.
Si ce n'est pas l'amour, qu'est-ce donc que je sens? Mais si c'est l'amour, pour Dieu, qu'est-ce que l'amour peut être? S'il est bon, pourquoi son effet est-il âpre et mortel? S'il est mauvais, pourquoi tous ces tourments ont-ils l'air si doux?
La loi d'amour est dure, mais tout injuste qu'elle soit, il faut néanmoins la subir, car elle a uni le ciel et la terre depuis l'origine des temps.
Tel en blâmant autrui se condamne soi-même, car qui se plaît à jouir des perfides qu'il accomplit se saurait se lamenter s'il se voyait à son tour trompé par son semblable.
La mort est la fin d'une prison obscure, pour les nobles âmes; c'est un malaise pour les autres qui ont placé dans la fange toute leur sollicitude.
La vie, hélas, s'enfuit et ne s'arrête guère, - Et la mort va bientôt devant nous à grands pas. - Tout ce qui est, qui fut, et tout ce qui sera - Font à coeur troublé une éternelle guerre.
L'Amour a fait de moi la cible où court la flèche, m'a fait neige au soleil, cire au contact du feu, et brume dans le vent.
Et le cruel Amour que j'accuse a changé en constante douceur l'amertume de vivre.
Quand je quittai la geôle où l'amour me retint tant d'années pour me gouverner à son caprice, ce serait un discours bien long que de conter à quel point me déplut ma liberté nouvelle.
Dure est la loi d'amour, mais si dure soit-elle, - il y faut obéir, car la terre et le ciel - par elle sont unis depuis le fond des âges.
Un soir, quand le soleil se couche, être avec elle, - Et seules les étoiles nous verraient, - Rien qu'une nuit, mais sans que jamais vienne l'aube...
Si ce n'est point amour, qu'est-ce donc que je sens? - Mais, Dieu, si c'est amour, qu'est-ce et de quelle sorte? - S'il est bon, d'où provient son âpre effet mortel? - S'il est mauvais, d'où vient que sont doux ses tourments?
Où sont donc aujourd'hui les honneurs, les richesses? - Où sont donc les joyaux, les sceptres, les couronnes, - Les mitres et la pourpre aux teintes éclatantes?
Rarement il arrive que l'outrageuse fortune ne s'oppose pas aux grandes entreprises, car elle s'accorde mal avec l'intrépidité.
La vie hélas s'enfuit et ne s'arrête guère, - Et la mort va bientôt devant nous à grands pas. - Tout ce qui est, qui fut, et tout ce qui sera - Font à mon coeur troublé une éternelle guerre.
Nid des trahisons où se couve aujourd'hui tout le mal qui peut se tramer dans le monde. Esclave du vin, des lits et de la bonne chère, chez qui la luxure est arrivée à son dernier degré.
Je vois bien maintenant qu'une ardente passion vient surprendre la langue à l'homme, dérober ses esprits. Celui qui peut dire de quel feu il brûle, ne brûle que d'un petit feu.
Si nos rimes pouvaient avoir quelque vertu, ton nom consacré parmi les plus nobles intelligences, ton souvenir sera éternisé.
Tel en blâmant autrui se condamne soi-même, car qui se plaît à jouir des perfidies qu'il accomplit ne saurait se lamenter s'il se voyait à son tour trompé par son semblable.
Misérable est celui qui fonde toute son espérance en un soutien mortel. Mais quel est l'homme assez fort pour ne pas s'y fier ? S'il se trouve à la fin trompé, c'est bien tant pis pour lui.
Combien est épineux le chemin de la vie, et combien alpestre et dure est la montée que l'homme doit parcourir pour arriver à une véritable valeur !
La femme est chose mobile de sa nature, c'est pourquoi je sais bien qu'une amoureuse disposition ne peut guère durer dans le coeur d'une femme.
Œuvres de Pétrarque
CanzoniereCanzoniere, LIIICanzoniere, VII Trionfi, IILes Triomphes, Le triomphe d'amour, ILes Triomphes, Le triomphe de la mortLes Triomphes, Le triomphe de la mort, IPoésiesRimeRimes, CIRimes, XXISonnet, CCLXXXIIISonnet, CVI, Contre RomeSonnet, CXXXVIISonnet, IVTriomphe de l'AmourTriomphe de la mort