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Paul Lefèvre, dit Paul Géraldy

On aime d'abord par hasard - Par jeu, par curiosité - Pour avoir dans un regard - Lu des possibilités.
Songe qu'avant d'unir nos têtes vagabondes, - nous avons vécu seuls, séparés, égarés, - et que c'est long, le temps, et que c'est grand, le monde, - et que nous aurions pu ne pas nous rencontrer.
Nul ne mérite d'être aimé. Nul de ne pas l'être. - Aimer, c'est juger trop bien. N'aimer pas, c'est juger mal.
Il n'y a pas de but. Le but c'est le chemin.
Aimer, c'est bien. Ne plus aimer, c'est bien aussi. - Tu ne sens pas comme à présent l'espace est libre autour de toi? - C'était une prison, l'amour! - La vie est plus grande que l'amour.
Aimer c'est vouloir un échange où le bien et le bien se fondent dans du mieux.
A quarante ans, l'homme ne sait plus que travailler. Travailler, c'est marcher vers soi-même.
Tu dis: «Nous étions nés l'un pour l'autre». Mais pense à ce qu'il dut falloir de chances, de concours, de causes, de coïncidences, pour réaliser, ça simplement, notre amour! Un caprice, une migraine, pouvaient nous écarter l'un de l'autre à jamais.
Ce n'est pas très gentil, bien sûr! C'est un peu bête. Mais, que veux-tu! je t'aime tant! Je voudrais que tu me regrettes au point de haïr ce printemps. Je serais même très content s'il te faisait un peu mal à la tête.
Tu penses moins à moi qu'à l'amour.
J'ai besoin de te savoir faible et fragile. Je t'aime aussitôt beaucoup moins. Et je suis beaucoup plus tranquille.
Il faut à ma sécurité que tu sois plaintive, dolente et câline et que tu te sentes toute petite. J'ai besoin de te savoir faible et fragile.
Si quelqu'un vous aime, on l'aime par conformité de goût.
Pourtant, pourtant, je me souviens d'un autre temps, d'une autre flamme... Il me semble que tu deviens une femme comme les femmes.
Les sens, qui marchent les premiers, entraînent le coeur avec eux dans des contrées où le pauvret n'avait que faire et le laissent s'y débrouiller. Instruis ton coeur.
Instruis ton coeur. Tu aurais voulu te garder pour la femme que tu aimeras? Il n'est pas de plus sûr moyen de lui déplaire.
Comment veux-tu qu 'elles te consentent ce que tu veux si tu as honte de ce que tu veux! Tu aimerais être plus beau, plus riche, et avoir plus d'esprit. Je sais. Ce n'est pas ton affaire. Tes moyens sont bien suffisants.
Les hommes ne demandent à l'amitié, comme à l'amour, que d'apaiser en eux on ne sait quelle angoisse, que d'y flatter on ne sait quelle vanité.
Tu plais. C'est naturel. Et tu plairas encore à beaucoup d'autres femmes. C'est celle qui te plaît, non celle à qui tu plais, qu'il s agit pour toi de fixer. Ne sacrifie pas à l'amour ta dignité.
C'est trop peu d'être un amant. C'est trop d'être un amoureux.
L'amoureux attend de l'amour cette satisfaction intime qu'il n'aurait obtenue que d'une longue vie de labeur, d'application passionnée, de chances.
L'amoureux demande à la femme d'être pour lui, d'avance, le prix concret non seulement de ce qu'il vaut, mais de ce qu'il voudrait valoir. Il y a en nous un vainqueur et un vaincu qui revendiquent. Nous exigeons en même temps qu'on nous admire.
Tu dois toujours pouvoir signer ton aventure. Que la plus rapide ait son sens et la plus humble son parfum. Que chacune soit un poème. Il n'est pas que de grands poèmes. Il y en a de tout petits qui sont parfaits.
Ce que voudrait être l'amour, c'est l'amitié.
L'excellence, la rareté, c'est l'intelligence du coeur.

Œuvres de Paul Lefèvre, dit Paul Géraldy

L'AmourL'Homme et l'AmourL'Homme et l'Amour (1951)L'amour (1929)Toi et Moi (1912)Toi et Moi (1912), Abat-jourToi et Moi (1912), ChanceVestiges (1948)