Auteur

Paul Auster

Ecrire commence dans le corps, c'est la musique du corps, et même si les mots ont un sens, s'ils peuvent parfois en avoir un, c'est dans la musique des mots que commence ce sens.
Il est impossible, je m'en rends compte de pénétrer la solitude d'autrui. Si nous arrivons jamais, si peu que ce soit, à connaître un de nos semblables, c'est seulement dans la mesure où il est disposé à se laisser découvrir.
Je me retrouvai dans l'air frais du matin et je me sentis si heureux d'être vivant que j'aurais aimé le crier à tue-tête.
Le langage n'est pas la vérité. Il est notre manière d'exister dans l'univers.
Au bout du compte, les livres relèvent moins du luxe que de la nécessité, et la lecture est une addiction dont il ne souhaite pas être guéri.
Pour moi, le problème du monde est avant tout un problème du soi, et la solution ne peut être trouvée qu'en partant de l'intérieur et en... passant ensuite à l'extérieur. La clé, c'est l'expression, et non pas la maîtrise.
Ne t'écarte pas de la vie, voilà ce que je dis. Je vais en faire ma devise. Es-tu d'accord avec moi ? Ne t'écarte pas de la vie, aussi fantastique, répugnante ou atroce soit-elle. Par-dessous tout, la liberté. Par-dessus tout, salis-toi les mains.
Je suis en train de découvrir ce que ça... signifie d'être artiste, d'être celui qui devient artiste en retournant vers l'extérieur ce qui est en lui.
Il reste si peu d'autorité qui ne soit pas contestée aujourd'hui ; et cela où que ce soit, même au Vatican, que ceux qui croient la posséder ont tendance à en être obsédés.
On ferme les yeux ; on écarte les bras ; on se laisse évaporer. Et alors, petit à petit, on s'élève.
Les blessures sont une partie essentielle de la vie, et tant qu'on n'est pas blessé d'une façon ou d'une autre, on ne peut pas devenir un homme.
Il contemplait la tombe de ma mère en pleurant, sous l'immensité bleue du ciel, comme s'il avait été le dernier survivant de l'univers.
Ce qu'on ressent, on n'y peut rien. Personne n'y peut rien.
Il paraissait trop démocratique dans ses affections pour être capable de relations intimes durables avec une seule personne.
Il est jeune, c'est tout. Trop littéraire, trop imbu de sa propre subtilité.
Je n'étais plus Walt Rawley, le petit Blanc misérable sans un pot pour pisser, j'étais Walt le Prodige, le minuscule casse-cou qui défiait les lois de la pesanteur, le seul et unique as des airs.
Si l'on n'envisage l'existence qu'en termes d'argent, on finit par la perdre de vue complètement.
La lecture était ma liberté et mon réconfort, ma consolation, mon stimulant favori : lire pour le pur plaisir de lire, pour ce beau calme qui vous entoure quand vous entendez dans votre tête résonner les mots d'un auteur.
Plus misérable était la vie, plus proche on se trouvait de la vérité, du noyau rugueux de l'existence.
Les écrivains ne devraient jamais parler à des journalistes. L'entretien est une forme littéraire dégradée qui ne sert à rien d'autre qu'à simplifier ce qui ne devrait jamais l'être.
Si on ne prend pas le temps de regarder, on n'arrive jamais à rien voir.
Pour pouvoir dire la vérité, il nous faudra en faire une fiction.
Quand les porte-monnaie sont vides, disait-il, les cerveaux se remplissent de colère et de boue.
Personne ne bourre le mou à maman Sioux. Je suis trop vieille et trop grosse pour avaler tout ce que disent les gens. Les mensonges, c'est comme les os de poulet. Ils se coincent dans mon gosier, et je les recrache.
Les amis sont là pour cela, pour mettre les chagrins en commun.

Œuvres de Paul Auster

Brooklyn Follies (2005)Chronique d'hiver (2013)Cité de verreExcursions dans la zone intérieure (2014)Interview, magazine Lire, mars 2013Invisible (2010)L'Invention de la solitude (1982)La Solitude du labyrinthe (1997)La chambre dérobéeLa nuit de l'oracle (2004)Le Livre des illusions (2002)Le Noël d'Auggie Wren (1990)Lulu on the bridge (1998)LéviathanLéviathan (1993)Moon PalaceMoon Palace (1990)Mr. Vertigo (1994)Seul dans le noir (2009)Sunset Park (2011)