Personne ne semble avoir songé au fait que si l'existence est absurde, y réussir brillamment n'a pas plus de valeur qu'y échouer. C'est seulement plus confortable.
L'incapacité qu'ont les êtres à croire à ce qui fait exploser les cadres de leurs petites habitudes mentales.
Nous parlons d'amour, de bien et de mal... et nous accrochons à ces icônes respectables comme la tique assoiffée à son gros chien tout chaud.
Aux riches le devoir du Beau. Sinon, ils méritent de mourir.
Consistante, immédiatement elle-même malgré la béance des quais ouverts sur l'ailleurs, animée d'une vie autosuffisante, enclave de sens à la croisée des chemins, Tanger nous happait vigoureusement à la première minute.
J'ai beau savoir que le monde est laid, je n'ai pas envie de le voir.
Un tilleul qui embaume dans la fin du jour, c'est un ravissement qui s'imprime en nous de manière indélébile et, au creux de notre joie d'exister, trace un sillon de bonheur que la douceur d'un soir de juillet à elle seule ne saurait expliquer.
Et dans mon souvenir aussi, le rugby, c'est un jeu pesant, avec des gars qui se jettent sans cesse sur l'herbe et se relèvent pour retomber et s'emmêler trois pas plus loin.
Car l'Art, c'est la vie, mais sur un autre rythme.
Vivre, mourir : ce ne sont que des conséquences de ce qu'on a construit. Ce qui compte, c'est de bien construire. Alors voilà, je me suis donné une nouvelle astreinte. Je vais arrêter de défaire, de déconstruire, je vais me mettre à construire.
Ainsi, comment se passe la vie ? Nous nous efforçons bravement, jour après jour, de tenir notre rôle dans cette comédie fantôme.
La politique, me dit-elle. Un jouet pour les petits riches qu'ils ne prêtent à personne.
Œuvres de Muriel Barbery