Seul penser la mort apprend à vivre; ce qui se lit aussi à l'envers: seul penser la vie apprend à mourir.
La mesure permet d'éviter la satiété qui engendre le dégoût. Trop avoir, tout avoir ne permet pas une satisfaction simple ni sereine.
Les bibliothèques ne servent qu'à cela: offrir des occasions de méditer, penser, réfléchir sa vie, son existence.
J'ai souvent vu Dieu dans mon existence.
La création d'arrière-mondes ne serait pas bien grave si elle ne se payait du prix fort: l'oubli du réel, donc la coupable négligence du seul monde qui soit.
Quand la croyance fâche avec l'immanence, donc soi, l'athéisme réconcilie avec la terre, l'autre nom de la vie.
Plutôt la foi qui apaise que la raison qui soucie - même au prix d'un perpétuel infantilisme mental: voilà une opération de passe-passe métaphysique à un coût monstrueux!
Pas de haine pour l'agenouillé, mais une certitude de ne jamais pactiser avec ceux qui les invitent à cette position humiliante et les y entretiennent.
Tant que la religion reste une affaire entre soi et soi, après tout, il s'agit seulement de névroses, psychoses et autres affaires privées. On a les perversions qu'on peut, tant qu'elles ne mettent pas en danger ou en péril la vie d'autrui.
L'athéisme n'est pas une thérapie mais une santé mentale recouvrée.
Dieu est mort? Cela reste à voir... Pareille bonne nouvelle aurait produit des effets solaires dont on attend toujours, et en vain, la moindre preuve.
Trois millénaires témoignent, des premiers textes de l'Ancien Testament à aujourd'hui: l'affirmation d'un Dieu unique, violent, jaloux, querelleur, intolérant, belliqueux, a généré plus de haine, de sang, de morts, de brutalité que de paix.
Le philosophe, c'est celui qui, dans la simplicité, voire le dénuement, met de la pensée dans sa vie et sa vie dans sa pensée.
Une vieille ayant soulevé chaque jour sur ses épaules un jeune veau en vient à porter un boeuf sans même s'en rendre compte.
Hitler justifie son action en célébrant Jésus chassant les marchands du Temple pendant que Martin Luther King légitime sa non-violence en citant lui aussi les Evangiles.
Disons-le d'une première manière, indicative, avant de préciser plus avant: tout est acceptable qui procure de la jouissance, tout est condamnable qui génère de la souffrance.
Et là, tout devient simple. Il faut aimer ce qui advient, «amor fati», «aime ton destin», voilà ma formule pour toute chose. C'est d'ailleurs la formule de la joie, sinon du bonheur - du moins de la conjuration du malheur.
On peut même penser que la fin du monopole des professionnels de la religion sur le religieux a libéré l'irrationnel et généré une plus grande profusion de sacré, de religiosité et de soumission généralisée à la déraison.
La philosophie n'est pas l'art d'un alphabet nouveau, mais celui de combinaisons nouvelles de mots anciens.
La musique romantique, c'est la nuit et le nocturne, l'amour impossible, le combat avec les dieux. C'est le fantastique, le mystérieux, la nuit de Walpurgis.
Je tiens toujours Diogène pour la plus haute figure de l'Antiquité grecque, bien au-delà de Platon, contre qui il disait qu'un philosophe qui n'a jamais gêné personne n'est pas vraiment un philosophe.
Oxymore, drôle de mot, drôle de son. On entend presque occis-mort, ce qui, pour le coup, définit le pléonasme ou la redondance...
Redescendre le ciel sur terre, voilà l'objectif de tout philosophe hédoniste. Et pour ce faire, la religion campe l'ennemi prioritaire.
La philosophie est d'abord un art de de penser la vie et de vivre de sa pensée, une vérité pratique pour mener sa barque existentielle.
Le pessimisme n'est autre que le produit de l'expérience, Il suffit de constater la réalité, d'être attentif au mouvement du monde pour conclure à l'évidence que le pire est toujours certain.
Œuvres de Michel Onfray
Abrégé hédoniste (2012)Brève encyclopédie du monde, 1. Cosmos. Une ontologie matérialiste (2015)Contact, l'encyclopédie de la création (Emission de TV canadienne).Contre-histoire de la philosophie (2006), Les sagesses antiquesContre-histoire de la philosophie I, Les sagesses antiques (2006)Contre-histoire de la philosophie II, Le Christianisme hédoniste (2006)Cynismes. Portrait du philosophe en chien (1990)Dans Marianne, 13 mars 2015Extrait de conférence de l'Université populaire de Caen.Georges Palante. Essai sur un nietzschéen de gauche (1989)Journal hédoniste II, Les Vertus de la foudre (1998)L'Art de jouir. Pour un matérialisme hédoniste (1991)L'Innocence du devenir. La vie de Frédéric Nietzsche (2008)La Raison des sortilèges (2013)La Sculpture de soi (1993)Le Crépuscule d'une idole. L'Affabulation freudienne (2010)Le Ventre des philosophes. Critique de la raison diététique (1989)Le magnétisme des solstices (2013)Sur France2, On n'est pas couché, 17 janvier 2015Sur son compte Twitter, nuit du 13 au 14 novembre 2015.