Œuvre

Traité d'athéologie (2005)

Et il me plait que cette généalogie de l'athéisme philosophique procède d'un prêtre: l'Abbé Meslier, saint, héros et martyr de la cause athée enfin repérable...
L'athée, avant de qualifier le négateur de Dieu, sert à poursuivre et condamner la pensée de l'individu affranchi, même de la façon la plus infime, de l'autorité et de la tutelle sociale en matière de pensée et de réflexion.
Le silence de Dieu permet le bavardage de ses ministres qui usent et abusent de l'épithète: quiconque ne croit pas à leur Dieu, donc à eux, devient immédiatement un athée.
J'ai souvent vu Dieu dans mon existence.
La création d'arrière-mondes ne serait pas bien grave si elle ne se payait du prix fort: l'oubli du réel, donc la coupable négligence du seul monde qui soit.
Quand la croyance fâche avec l'immanence, donc soi, l'athéisme réconcilie avec la terre, l'autre nom de la vie.
Plutôt la foi qui apaise que la raison qui soucie - même au prix d'un perpétuel infantilisme mental: voilà une opération de passe-passe métaphysique à un coût monstrueux!
Pas de haine pour l'agenouillé, mais une certitude de ne jamais pactiser avec ceux qui les invitent à cette position humiliante et les y entretiennent.
Tant que la religion reste une affaire entre soi et soi, après tout, il s'agit seulement de névroses, psychoses et autres affaires privées. On a les perversions qu'on peut, tant qu'elles ne mettent pas en danger ou en péril la vie d'autrui.
L'athéisme n'est pas une thérapie mais une santé mentale recouvrée.
Dieu est mort? Cela reste à voir... Pareille bonne nouvelle aurait produit des effets solaires dont on attend toujours, et en vain, la moindre preuve.
Trois millénaires témoignent, des premiers textes de l'Ancien Testament à aujourd'hui: l'affirmation d'un Dieu unique, violent, jaloux, querelleur, intolérant, belliqueux, a généré plus de haine, de sang, de morts, de brutalité que de paix.