Même dans les élevages mieux tenus, c'était la première chose qui vous frappait, ce caquètement incessant, ce regard de panique permanent que les poules vous jetaient, ce regard de panique et d'incompréhension, elles ne demandaient aucune pitié elles en auraient été incapables, mais elles ne comprenaient pas les conditions dans lesquelles elles étaient appelées à vivre.
Auteur
Michel Houellebecq
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Dieu est un médiocre. Tout dans sa création porte la marque de l'approximation et du ratage , quand ce n'est pas la méchanceté pure.
Les qualités intellectuelles n'ont guère d'importance dans une relation amicale, encore moins dans une relation amoureuse, elles ont bien peu de poids par rapport à la bonté du coeur.
Lors de ma séparation d'avec Claire, mon sort avait été notablement adouci par la fréquentation des vaches normandes.
Et voilà que je me retrouvais seul, plus seul que je ne l'avais jamais été, enfin j'avais le houmous, adapté aux plaisirs solitaires, mais la période des fêtes c'est plus délicat, il aurait fallu un plateau de fruits de mer, or ce sont là des choses qui se partagent, un plateau de fruits de mer en solitaire c'est une expérience ultime, même Françoise Sagan n'aurait pas pu décrire cela, c'est vraiment trop gore.
Les gens se torturent les uns les autres avec une totale absence d'originalité.
Le matin du 1er janvier se leva, comme tous les matins du monde, sur nos existences problématiques.
Qui étais-je pour avoir cru que je pouvais changer quelque chose au mouvement du monde ?
Je ne suis pas pour l'action politique, au fond. [...] Je ne suis pas un citoyen et je n'ai pas envie de le devenir. On n'a pas de devoir par rapport à son pays, ça n'existe pas. Il faut le dire aux gens. [...] On est des individus, tous, pas des citoyens ou des sujets. [...] On n'a aucun devoir par rapport à son pays. [...] La France est un hôtel, pas plus.
La religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran, on est effondré... effondré !
L'islam est une religion dangereuse, et ce depuis son apparition. Heureusement, il est condamné. D'une part, parce que Dieu n'existe pas, et que même si on est con, on finit par s'en rendre compte. A long terme, la vérité triomphe. D'autre part, l'Islam est miné de l'intérieur par le capitalisme. Tout ce qu'on peut souhaiter, c'est qu'il triomphe rapidement. Le matérialisme est un moindre mal. Ses valeurs sont méprisables, mais quand même moins destructrices, moins cruelles que celles de l'islam.
Patrick Cohen : L'islam, vous ne le voyez plus comme la religion la plus con du monde ? - \r\nMichel Houellebecq : Non, tout compte fait, disons qu'après lecture approfondie du Coran, je suis sûr qu'on peut négocier en fait. Je veux dire, la position normale d'un lecteur du Coran en fait quelqu'un avec qui on peut négocier. Bon, le problème c'est que c'est toujours qu'il y a une marge d'interprétation. Effectivement, en prenant une sourate, en l'exploitant à fond, en en éliminant cinq autres, on peut aboutir à un djihadiste. Il faut vraiment une sérieuse dose de malhonnêteté pour le lire le Coran et aboutir à ça, mais c'est possible.
Antoine de Caunes : Vous aviez un commentaire très violent sur le Coran en 2001, que l'islam était la religion la plus con du monde. Je voudrais savoir qu'est-ce qui vous a fait bouger...
La lecture du Coran est une chose dégoûtante. Dès que l'islam naît, il se signale par sa volonté de soumettre le monde. Dans sa période hégémonique, il a pu apparaître comme raffiné et tolérant. Mais sa nature, c'est de soumettre. C'est une religion belliqueuse, intolérante, qui rend les gens malheureux.
Depuis l'apparition de l'islam, plus rien. Le néant intellectuel absolu, le vide total. Nous sommes devenus un pays de mendiants pouilleux. Des mendiants pleins de poux, voilà ce que nous sommes. Racaille, racaille [...], il faut vous souvenir cher monsieur que l'islam est né en plein désert, au milieu de scorpions, de chameaux et d'animaux féroces de toutes espèces. Savez-vous comment j'appelle les musulmans? Les minables du Sahara. Voilà le seul nom qu'ils méritent [...].
Nous voulons retourner dans l'ancienne demeure - \r\nOù nos pères ont vécu sous l'aile d'un archange, - \r\nNous voulons retrouver cette morale étrange - \r\nQui sanctifiait la vie jusqu'à la dernière heure. - - \r\n\r\nComme un enlacement de douces dépendances\r\nQuelque chose qui dépasse et contienne l'existence ; - \r\nNous ne pouvons plus vivre loin de l'éternité.
Nous voulons retourner dans l'ancienne demeure - \r\nOù nos pères ont vécu sous l'aile d'un archange, - \r\nNous voulons retrouver cette morale étrange - \r\nQui sanctifiait la vie jusqu'à la dernière heure. - - \r\n\r\nComme un enlacement de douces dépendances\r\nQuelque chose qui dépasse et contienne l'existence ; - \r\nNous ne pouvons plus vivre loin de l'éternité.
Tout comme le libéralisme économique sans frein, et pour des raisons analogues, le libéralisme sexuel produit des phénomènes de paupérisation absolue. Certains font l'amour tous les jours; d'autres cinq ou six fois dans leur vie, ou jamais. Certains font l'amour avec des dizaines de femmes ; d'autres avec aucune. C'est ce qu'on appelle la « loi du marché ».
Le libéralisme économique, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c'est l'extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société.
Bien entendu. C'est foutu depuis longtemps, depuis l'origine. Tu ne représenteras jamais, Raphaël, un rêve érotique de jeune fille. Il faut en prendre ton parti ; de telles choses ne sont pas pour toi. De toute façon, il est déjà trop tard. L'insuccès sexuel, Raphaël, que tu as connu depuis ton adolescence, la frustration qui te poursuit depuis l'âge de treize ans laisseront en toi une trace ineffaçable. À supposer même que tu puisses dorénavant avoir des femmes – ce que, très franchement, je ne crois pas – cela ne suffira pas ; plus rien ne suffira jamais. Tu resteras toujours orphelin de ces amours adolescentes que tu n'as pas connues. En toi, la blessure est déjà douloureuse ; elle le deviendra de plus en plus. Une amertume atroce, sans rémission, finira par emplir ton cœur. Il n'y aura pour toi ni rédemption, ni délivrance. C'est ainsi.
Certains êtres éprouvent très tôt une effrayante impossibilité à vivre par eux-mêmes; au fond ils ne supportent pas de voir leur propre vie en face, et de la voir en entier, sans zones d'ombre, sans arrière-plans. Leur existence est j'en conviens une exception aux lois de la nature, non seulement parce que cette fracture d'inadaptation fondamentale se produit en dehors de toute finalité génétique mais aussi en raison de l'excessive lucidité qu'elle présuppose, lucidité évidemment transcendante aux schémas perceptifs de l'existence ordinaire. Il suffit parfois de placer un autre être en face d'eux, à condition de le supposer aussi pur, aussi transparent qu'eux-mêmes, pour que cette insoutenable fracture se résolve en une aspiration lumineuse, tendue et permanente vers l'absolument inaccessible. Ainsi, alors qu'un miroir ne renvoie jour après jour que la même désespérante image, deux miroirs parallèles élaborent et construisent un réseau net et dense qui entraîne l'œil humain dans une trajectoire infinie, sans limites, infinie dans sa pureté géométrale, au-delà des souffrances et du monde.
De toute façon, les Français méprisent les Belges, dit-il pour conclure ; et le pire est qu'ils ont raison. La Belgique est un pays déliquescent et absurde, un pays qui n'aurait jamais dû exister.
Jamais je ne me suis senti de devoir, ni d'obligation, par rapport à la France, et le choix d'un pays de résidence a pour moi à peu près autant de résonance émotive que le choix d'un hôtel. Nous sommes de passage sur cette Terre, je l'ai maintenant parfaitement compris ; nous n'avons pas de racines, nous ne produisons pas de fruit. Notre mode d'existence, en résumé, est différent de celui des arbres. Cela dit j'aime beaucoup les arbres, je les aime même de plus en plus ; mais je n'en suis pas un. Nous serions plutôt des pierres, lancées dans le vide, et aussi libres qu'elles ; ou, si l'on tient absolument à voir les choses du bon côté, nous serions un peu comme des comètes.
Que l'histoire politique puisse jouer un rôle dans ma propre vie continuait à me déconcerter, et à me répugner un peu. Je me rendais bien compte pourtant, et depuis des années, que l'écart croissant, devenu abyssal, entre la population et ceux qui parlaient en son nom, politiciens et journalistes, devait nécessairement conduire à quelque chose de chaotique, de violent et d'imprévisible. La France, comme les autres pays d'Europe occidentale, se dirigeait depuis longtemps vers la guerre civile, c'était une évidence ; mais jusqu'à ces derniers jours j'étais encore persuadé que les Français dans leur immense majorité restaient résignés et apathiques - sans doute parce que j'étais moi-même passablement résigné et apathique. Je m'étais trompé.
Ce qui est extraordinaire chez Bayrou, ce qui le rend irremplaçable, poursuivit Tanneur avec enthousiasme, c'est qu'il est parfaitement stupide, son projet politique s'est toujours limité à son propre désir d'accéder par n'importe quel moyen à la « magistrature suprême », comme on dit ; il n'a jamais eu, ni feint d'avoir la moindre idée personnelle ; à ce point, c'est tout de même rare. Ça en fait l'homme politique idéal pour incarner la notion d'humanisme, d'autant qu'il se prend pour Henri IV, et pour un grand pacificateur du dialogue interreligieux ; il jouit d'ailleurs d'une excellente cote auprès de l'électorat catholique, que sa bêtise rassure. C'est exactement ce dont a besoin Ben Abbes, qui souhaite avant tout incarner un nouvel humanisme, présenter l'islam comme la forme achevée d'un humanisme nouveau, réunificateur, et qui est d'ailleurs parfaitement sincère lorsqu'il proclame son respect pour les trois religions du Livre.
Œuvres de Michel Houellebecq
Configuration du dernier rivage (2013)Ennemis publics (2008)Extension du domaine de la lutteExtension du domaine de la lutte (1994)Extrait d'un entretien avec Catherine Argand, Septembre 1998.Extrait d'un entretien avec Karl Zéro.Figaro Magazine , 25 août 2001H.P. Lovecraft. Contre le monde, contre la vie (1991)Interview de Michel Houellebecq, paru France Inter, 9 novembre 2010La Carte et le Territoire (2010)La Possibilité d'une île (2005)La poursuite du bonheur (1997)Lanzarote (2000)Lanzarote et autres textes (2003)Le Grand Journal - Interview de Michel Houellebecq, Canal plus, 12 janvier 2015Les Particules élémentaires (1998)Mon livre est une satire, France Inter, 7 janvier 2015PlateformePlateforme (2001)Poésies (2000)