La solitude, c'est comme un canapé profond, quand on s'y installe, on ne sait pas si on aura le courage de s'en extirper un jour.
Ce qui différencie l'animal de l'homme, c'est que l'animal ne fait aucune place au futur. Dans mon cas, ce serait une commodité. Mais le présent n'apporte aucun soulagement non plus.
Les pleurs sont l'incontinence des faibles.
C'est une loi de l'espèce de reprocher aux autres ce que l'on souhaite pour soi-même.
L'hostilité de nos amis est infiniment plus subtile et difficile à déceler que celle de nos ennemis.
Les intrigues policières m'ennuient car elles ne sont que de petits règlements de compte entre hommes.
Les femmes aiment l'argent et les hommes les femmes, c'est assez pour comprendre le monde.
Certains édifices anciens semblent défier les lois de la pesanteur. A leur propos, on n'est sûr que d'une seule chose : pour les comprendre il faudrait les démonter avec toutefois la certitude de ne jamais pouvoir les remonter.
La source de tous les problèmes, ce qui nous mène à la catastrophe, c'est l'appropriation. Chacun ne pense qu'à accroître son territoire et à s'approprier le fric et les femmes des autres.
C'est la foi qui pousse les hommes à faire des guerres. S'il n'y avait pas cette foutue croyance dans la vie éternelle les hommes n'iraient pas à la boucherie avec une telle conviction !
Nous avions réussi le prodige de ne jamais définir précisément ce qu'était le communisme. C'était un terme général sur lequel nous appuyions pour dénoncer tout comportement, toute attitude, toute pensée, toute intention déviants.
Ca m'a foutu les jetons de réaliser que la psychiatrie n'est pas une science exacte et qu'on ne guérit pas à tous les coups.
Sans culpabilité, il n'y a pas de civilisation, ..., on redevient des animaux.
La nature ne connaît ni le silence ni le bruit. Ce n'est pas comme en ville, ce qu'on entend va toujours dans votre sens, celui de votre apaisement, pour peu que vous ayez confiance dans la vie sauvage.
Dès que l'idée du compromis a germé dans votre esprit, la violence a perdu.
Mon père disait : Le blues c'est l'âme qui s'égoutte.
Les journalistes sportifs me rendent dingue. Je n'ai jamais vu des gens parler autant, alors qu'ils ont si peu à dire.
Quand le mal atteint de tels sommets, le bien ne connaît plus de plaine.
Le sentiment que la vie vous a quitté de votre vivant est l'expression de la solitude absolue. Personne ne peut ni le comprendre ni le partager.
Car moi, le mutilé de la face, je ne vieillirai pas. La guerre m'a fait vieillard à vingt-quatre ans. Je n'ai pas eu le courage de me suicider. J'ai eu le courage de ne pas me suicider. La rancoeur, l'aigreur menacent. Je fais face à l'ennemi intérieur.
Dans cette grande salle sans glace, chacun d'entre nous devient le miroir des autres.
C'est un tort, on devrait toujours montrer à ses enfants qu'on les aime.
Une détonation part tout près. Un sifflement d'un quart de seconde. Je sens comme une hache qui vient s'enfoncer sous la base de mon nez. Puis, on coupe la lumière.
Le monde politique est peuplé d'individus qui voudraient être aimés mais qui ne parviennent pas à s'aimer eux-mêmes.
A quoi ça sert de mourir, si les vivants restent aussi cons ?
Œuvres de Marc Dugain