Le monde ne va jamais. La plupart du temps il fait semblant. Et tout le monde s'en accommode. Plus ou moins bien.
J'hallucine. Ils préparent un référendum en France. Comme si quelque chose allait changer. Ces gens-là n'ont plus le pouvoir et ils font semblant.
Je suis comme beaucoup de gens, pas envie de vivre et encore moins de mourir.
Ce n'est pas facile de faire du doute son métier. On se brûle vite à côtoyer l'essentiel, et j'imagine qu'on se sent tellement soulagé quand on y renonce. Mais en refusant le doute, on est certain de se priver de la vérité.
Car moi, le mutilé de la face, je ne vieillirai pas. La guerre m'a fait vieillir à vingt-quatre ans. Je n'ai pas eu le courage de me suicider. J'ai eu le courage de ne pas me suicider. La rancoeur, l'aigreur menacent. Je fais face à l'ennemi intérieur.
L'homme ne naît pas bon pour être ensuite corrompu par la société. C'est un reptile poursuivi par une civilisation à laquelle il essaye en permanence d'échapper.
L'empathie n'est pas donnée à tous les êtres. Les militaires, les politiciens n'en ont pas et personne n'est là pour le leur reprocher.
Cela peut paraître un peu stupide mais il ressent un vrai plaisir aux compromis. Si chacun acceptait de faire la moitié du chemin, il est convaincu qu'on éviterait les conflits.
Il dit tout ça, sans élever la voix. Il est rare qu'il élève la voix. Ses colères s'épanouissent dans un caisson étanche. Quand il est en colère, il est le seul à le savoir.
Œuvres de Marc Dugain