Car moi, le mutilé de la face, je ne vieillirai pas. La guerre m'a fait vieillard à vingt-quatre ans. Je n'ai pas eu le courage de me suicider. J'ai eu le courage de ne pas me suicider. La rancoeur, l'aigreur menacent. Je fais face à l'ennemi intérieur.

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Cela peut paraître un peu stupide mais il ressent un vrai plaisir aux compromis. Si chacun acceptait de faire la moitié du chemin, il est convaincu qu'on éviterait les conflits.
Ce n'est pas facile de faire du doute son métier. On se brûle vite à côtoyer l'essentiel, et j'imagine qu'on se sent tellement soulagé quand on y renonce. Mais en refusant le doute, on est certain de se priver de la vérité.
Ca m'a foutu les jetons de réaliser que la psychiatrie n'est pas une science exacte et qu'on ne guérit pas à tous les coups.
Dans cette grande salle sans glace, chacun d'entre nous devient le miroir des autres.
L'hostilité de nos amis est infiniment plus subtile et difficile à déceler que celle de nos ennemis.
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Dans la même œuvre

Ce qui différencie l'animal de l'homme, c'est que l'animal ne fait aucune place au futur. Dans mon cas, ce serait une commodité. Mais le présent n'apporte aucun soulagement non plus.
C'est la foi qui pousse les hommes à faire des guerres. S'il n'y avait pas cette foutue croyance dans la vie éternelle les hommes n'iraient pas à la boucherie avec une telle conviction !
Dans cette grande salle sans glace, chacun d'entre nous devient le miroir des autres.
Une détonation part tout près. Un sifflement d'un quart de seconde. Je sens comme une hache qui vient s'enfoncer sous la base de mon nez. Puis, on coupe la lumière.
Car moi, le mutilé de la face, je ne vieillirai pas. La guerre m'a fait vieillir à vingt-quatre ans. Je n'ai pas eu le courage de me suicider. J'ai eu le courage de ne pas me suicider. La rancoeur, l'aigreur menacent. Je fais face à l'ennemi intérieur.