Je pars d'images, plus que d'idées. Des images précises que j'ai en mémoire et qui font une histoire, en fonction de la manière dont elles s'assemblent.
Dans un bon roman, ce n'est pas l'intellect qui doit briller, mais autre chose : une beauté surgie des formes.
On ne réussit jamais 100 % de ce qu'on voudrait faire. Le bonheur est un mot trompeur. On a des moments de bonheur, c'est tout. Par exemple, quand on a beaucoup travaillé un chapitre et que, soudain, un petit détail illumine tout le reste, lui donne du sens. Un détail que, souvent, le lecteur ne verra même pas.
On ne réussit jamais 100 % de ce qu'on voudrait faire. Le bonheur est un mot trompeur. On a des moments de bonheur, c'est tout.
Dire la vérité par la littérature, oui, j'y pense toujours. La vérité a des visages différents et parfois contradictoires. On doit toujours pactiser, d'une manière ou d'une autre, avec la réalité, c'est là la seule vérité.
La vérité a des visages différents et parfois contradictoires. On doit toujours pactiser, d'une manière ou d'une autre, avec la réalité, c'est là la seule vérité.
Si l'on écrit, c'est bien qu'on ne se satisfait pas de ce qui existe. On essaie de corriger le réel, d'en donner d'autres versions.
Il croit que ce n'est que dans ce territoire ignoré et abrupt de l'écriture et de ses résonances qu'il trouvera le passage lumineux qui va des mots aux faits, endroit propice pour repousser l'environnement hostile et se réinventer soi-même.
Ce qui est inventé peut avoir plus de poids et de crédit que la réalité, plus de vie propre et plus de sens, et par conséquent plus de possibilité de survie face à l’oubli.
La vie des autres, si les autres ne sont pas dans les romans ou dans les films, ne mérite à ses yeux qu'un regard par-dessus l'épaule et une considération ennuyée .
Il n'est plus un enfant, il sait que le temps des aventures n'a jamais été suspendu, n'a jamais arrêté la marche du monde, mis il a l'impression de vivre un intermède, une parenthèse entre l'atelier définitivement abandonné et le piano de ses désirs.
Des habitudes aussi simples que lever le bras pour commencer la mesure, pour saisir les notes au vol comme si c'était de papillons de lumière dansant dans l'obscurité, et celle de garder les mains dans un calme attente sur le clavier pour convoquer le miracle de l'accord harmonique, tendaient mystérieusement, jour après jour, à se transformer en petits préceptes de moralité.
Tout se passe comme dans un rêve congelé dans le placenta de la mémoire d'un temps suspendu.
La foutue vérité t’apprendra à douter de tout.
Paris nous politise, nous poétise et nous érotise, nous autres Espagnols.
Rappelez-vous ce qu'a dit Nabokov : « Il ne sert à rien de lire si on ne lit pas avec sa moelle épinière.» Même quand on lit avec l'esprit, le centre de la jouissance artistique se trouve entre les omoplates, un fourmillement dans la moelle épinière.
La seule chose dont je me repens, c'est de mes omissions. Comme a dit le poète : ce que je n'ai pas fait, ce que je ne fais pas, ce que je devrais faire à chaque instant et ce que je ne fais pas. De ça, oui, je me repens.
Le comportement d'un cadavre dans la mer est imprévisible.
La littérature est un règlement de comptes avec la vie.
Ce n’est que dans le territoire ignoré et abrupt de l’écriture et de ses résonances qu’il trouvera le passage lumineux qui va des mots aux faits, endroit propice pour repousser l’environnement hostile et se réinventer soi-même.
Œuvres de Juan Marsé