Qu'est-ce que créer sinon tenter désespérément de laisser une trace de son passage sur terre?
Il est vain, à Paris, de monter sur ses grands chevaux; ils ne mènent nulle part, et il n'y a plus d'allées cavalières.
Autant être payé pour ce que l'on sait faire et qui se rapproche de ce que l'on aime.
En politique comme ailleurs, y compris en amour, le succès est à ceux qui savent jouer, sur la scène publique, des rôles de composition et connaissent les lois de l'éloquence.
L'Histoire nous a appris que la vertu ne peut rien contre le vice et que, pour triompher des cyniques, il s'agit d'être plus cynique encore.
Au théâtre, la puissance d'une oeuvre condamnée à disparaitre se mesure au souvenir qu'on en garde, à la faculté qu'elle a de grandir en nous, de résister au temps et de s'accomplir en douceur dans le regret.
Pour parler à un cheval, il n'y a pas besoin de mots. C'est une étreinte charnelle qui alimente nos rêves.
Un artiste n'est pas un ouvrier du divertissement qui compte ses heures, il se consume au feu de sa passion.
J'ai donc connu ce bonheur que, si l'on s'est appliqué à la sincérité et risqué à l'impudeur, la littérature réserve parfois : on croit écrire pour soi et des lecteurs attentifs vous assurent que c'était pour eux.
A l'époque des furieuses galopades succédait le temps arrêté et majestueux du piaffer.
Il faut traduire leur silence. Et cela prend des années, des années.
Regarde un cavalier sans son cheval, il lui manque la moitié de son sang.
Je tremble un peu. Ce doit être le vent, dans la plaine. Ou la peur, soudain, de me retourner.
Il aura fallu que j'écrive pour, enfin, me retourner sur moi-même et reprendre la conversation interrompuue avec ceux que je portais en moi, et qui étaient morts. Car tu n'as jamais été plus vivant qu'au bout de ma plume.
Œuvres de Jérôme Garcin