En quoi le bonheur peut-il bien consister sinon à être pas trop malheureux entre des malheurs!
Un bon mariage est celui où chacun des époux a la chance de pouvoir tolérer l'intolérable de l'autre.
Ne pas laisser à la rancune le soin de découvrir le vrai sur ce qu'on aime.
L'imagination a ses limites, c'est la réalité qui est inépuisable: on n'en a jamais fini avec un souvenir.
Haïr fatigue.
A mesure qu'on vit, on prête moins d'importance aux choses, mais aussi moins d'importance à l'importance.
Si l'on n'en sait guère plus qu'on n'en savait au départ, du moins a-t-on gagné d'avoir perdu, sur bien des points, l'illusion du savoir.
Je possède, au plus haut point, cette force - ou cette faiblesse - de n'avoir nul besoin qu'autrui partage ma pensée.
On ne peut jamais que croire, et que toute la différence est entre les téméraires qui croient qu'ils savent et les sages qui savent qu'ils croient.
La seule vérité en laquelle je crois en est une qui se découvre lentement, graduellement, péniblement, et qui imperceptiblement s'augmente chaque jour.
... le pas de mes incertitudes.
La nature m'est bien trop vaste pour que je pusse jamais éprouver le besoin de lui ajouter quelque chose.
L'homme ne connaît, à vrai dire, qu'un seul adversaire, c'est lui-même, et si l'on peut craindre, hélas, qu'il ne soit assez déraisonnable pour s'infliger de rudes blessures, on peut douter que, malgré toute sa folie, il réussisse à s'exterminer.
Je pense que la mort est bien la mort, et n'en appelle à aucune réalité cachée; je crois que lorsqu'on tombe, c'est tout de bon, et qu'on ne se relèvera pas tout à l'heure comme font les acteurs sur le théâtre.
... une impression extrêmement forte de certitude négative.
Il y a pour moi plus d'inexplicable dans le protoplasme que dans l'ectoplasme, dans la division d'une cellule que dans toutes les histoires de tables tournantes et de fantômes.
Deux périls pour l'esprit: mésestimer les complexités de la nature, ou s'en laisser décourager au point qu'on se rabatte sur le surnaturel.
Que l'insatisfaction de l'esprit soit notre lot, qu'il faille nous résigner à vivre - et à mourir - dans l'anxiété et dans le noir, telle est une de mes certitudes.
(L'humanité) ne renoncera aux illusions consolantes qu'à proportion qu'elle deviendra capable de s'en passer.
En face des effroyables menaces que l'homme fait peser sur lui-même, on doit se demander s'il pourra se sauver autrement qu'en se dépassant.
Je crois avec Bertrand Russell que l'on peut toujours faire les choses sans violence, bien que ce soit peut-être un peu plus long.
C'est tous les individus qui se trouveraient lésés si la collectivité s'accordait le droit de toujours et en toute circonstance, sacrifier l'intérêt de chacun à l'intérêt de tous.
Expliquez-moi le dernier des insectes, je vous tiens quitte de l'homme...
Une oeuvre d'art peut exiger que nous lui sacrifiions jusqu'à nos scrupules.
Les fins de l'art ne sont pas moins troubles que ses moyens.
Œuvres de Jean Rostand
Carnet d' un biologiste (1959)Carnet d'un biologiste (1959)Carnet d'un biologiste (1959) (Cueille le jour... Non : Cueille la minute.)Ce que je crois (1953)De la vanité, Fasquelle, 1925Esquisse d'une histoire de la biologie (1945)Esquisse d'une histoire de la biologie (1945), ConclusionInquiétudes d'un biologiste (1967)Journal d'un caractère (1931)Julien ou Une conscience (1928)L'HommeL'Homme, VIL'homme (1962)La Loi des riches (1920)La Vie et ses problèmes (1939)Le Mariage (1927)Maternité et biologieNouvelles pensées d'un biologiste (1947)Pages d'un Moraliste (1952)Pensées d'un biologiste (1939)