Un seul remède, si l'on en peut user: aimer plus fort qu'on ne souffre.
On ne peut aimer parfaitement que ce qu'on a perdu pour toujours.
Chacun de ceux que nous avons aimés emporte avec lui un peu de notre secret.
Qu'il faut avoir peu de penchant à la tristesse pour oser s'égayer sans craindre l'après-gaieté!
La fidélité aux morts est la meilleure manière d'insulter la vie.
A la perte de ceux qu'on aime, c'est moins leur vie qui nous échappe que leur mort qui nous envahit.
Sachons gré aux tracas de la vie, ils nous divertissent de son horreur.
Il n'y a pas de bonheur intelligent.
Morale de généticien: le mal est dominant, le bien est récessif.
Moins on a de Dieu, plus il faut y croire.
La société suscite en moi des réactions qui me font me déplaire. Je me préfère seul.
J'approuve par lassitude, je contredis par impatience.
La seule liberté que nous concède la vie, c'est de choisir nos remords.
Que ne faut-il rejeter de soi pour rester soi!
Je ne voudrais pas d'un paradis où l'on n'eût pas le droit de préférer l'enfer.
En politique, on ne flétrit le mensonge d'hier que pour flatter le mensonge d'aujourd'hui.
Pour qui se connaît bien, avoir une opinion, ce pourrait être un motif d'en douter.
A ceux qui manquent d'opinion profonde, il est aisé de se choisir, à tout moment, la mieux accordée au réel.
Il arrive qu'on feigne de partager certaines erreurs plutôt que de fausser compagnie à ceux dont on diffère le moins.
Je sais gré à autrui de ce que souvent, par son opposition, il m'aide à me rester fidèle.
Se montrer tel qu'on est, c'est accepter d'être vu autre qu'on n'est. Tenir compte de la distorsion que subit notre image en l'esprit d'autrui.
Se méfier de tout ce qu'on pense un peu trop fort.
Nous avons tous ressemblé en passant à quelqu'un de ceux qui nous font le plus horreur.
Je n'ai faim que de ma vérité.
L'altruisme est souvent un alibi.
Œuvres de Jean Rostand
Carnet d' un biologiste (1959)Carnet d'un biologiste (1959)Carnet d'un biologiste (1959) (Cueille le jour... Non : Cueille la minute.)Ce que je crois (1953)De la vanité, Fasquelle, 1925Esquisse d'une histoire de la biologie (1945)Esquisse d'une histoire de la biologie (1945), ConclusionInquiétudes d'un biologiste (1967)Journal d'un caractère (1931)Julien ou Une conscience (1928)L'HommeL'Homme, VIL'homme (1962)La Loi des riches (1920)La Vie et ses problèmes (1939)Le Mariage (1927)Maternité et biologieNouvelles pensées d'un biologiste (1947)Pages d'un Moraliste (1952)Pensées d'un biologiste (1939)