Cher Zacharie, allez, ne vous arrêtez pas; de votre auguste père accompagnez les pas.
Seigneur, je n'ai jamais contemplé qu'avec crainte l'auguste majesté sur votre front empreinte: jugez combien ce front irrité contre moi dans mon âme troublée a dû jeter d'effroi.
Puisqu'une fois le jour vous souffrez que je voie le seul bien qui me reste et d'Hector et de Troie, j'allois, seigneur, pleurer un moment avec lui: je ne l'ai point encore embrassé d'aujourd'hui.
Pour achever ce jour sous de meilleurs auspices, ma main de cette coupe épanche les prémices, dit-il; dieux, que j'appelle à cette effusion, venez favoriser notre réunion.
Non, ne révoquons point l'arrêt de mon courroux: qu'il périsse! Aussi bien il ne vit plus pour nous.
Autant que de David la race est respectée, - Autant de Jézabel la fille est détestée.
Et je dois d'autant moins oublier la vertu, - Qu'elle-même s'oublie. Il se nomme, dis-tu?
Tandis que mes soldats, prêts à suivre leur roi, - Rentrent dans mes vaisseaux pour partir avec moi, - Venez, et qu'à l'autel ma promesse accomplie - Par des noeuds éternels l'un à l'autre nous lie.
Que vois-je autour de moi, que des amis vendus - Qui sont de tous mes pas les témoins assidus ...
Tout Picard que j'étois, j'étois un bon apôtre, - Et je faisois claquer mon fouet tout comme un autre.
De quel frivole soin mon esprit s'embarrasse! - Ne puis-je pas d'Achille humilier l'audace? - Que ma fille à ses yeux soit un sujet d'ennui. - Il l'aime: elle vivra pour un autre que lui.
Mais j'ai cru vous devoir avertir par avance; - Et souhaitant surtout qu'il ne vous surprît pas, - Dans votre appartement j'ai retenu ses pas.
Montrons éliacin; et loin de le cacher, - Que du bandeau royal sa tête soit ornée. - Je veux même avancer l'heure déterminée, - Avant que de Mathan le complot soit formé.
N'allons point plus avant. Demeurons, chère Oenone. - Je ne me soutiens plus: ma force m'abandonne. - Mes yeux sont éblouis du jour que je revoi, - Et mes genoux tremblants se dérobent sous moi. - Hélas!
C'en est assez, m'a-t-il dit, cher Arbate; - Le sang et la fureur m'emportent trop avant. - Ne livrons pas surtout Mithridate vivant.
En effet sa douleur renouvelle sa rage, - Et bientôt le combat tourne à son avantage.
Puisqu'après tant d'efforts ma résistance est vaine, - Je me livre en aveugle au destin qui m'entraîne. - J'aime: je viens chercher Hermione en ces lieux, - La fléchir, l'enlever, ou mourir à ses yeux.
Je vous félicite du beau temps que nous avons ici, car je crois que vous l'avez aussi à Auteuil.
Elle n'a que vous seul. Vous êtes en ces lieux - Son père, son époux, son asile, ses dieux.
Bannissez ces soupçons qui troubloient notre joie.
Allons: employons bien le moment qui nous reste. Ils ont beau se cacher. L'amour le plus discret laisse par quelque marque échapper son secret.
La vérité n'est pas toujours bonne à dire.
Jamais la France ne se vit tout à la fois tant d'ennemis sur les bras.
Quand un poulpe est retiré de sa coquille, une infinité de petites pierres s'attachent à ses bras.
Pareille à ces coups de tonnerre - Qui ne font que bruire et passer.
Œuvres de Jean Racine
A M. VitartAbrégé de l'Histoire de Port-RoyalAbrégé de l'histoire de Port Royal (édition posthume 1767)Alexandre le grand (1665)Alexandre le grand (1665), III, 2Andromaque (1667)Andromaque (1667), I, 1Andromaque (1667), I, 1, OresteAndromaque (1667), I, 1, PyladeAndromaque (1667), I, 2, PyrrhusAndromaque (1667), I, 4, AndromaqueAndromaque (1667), I, 4, PyrrhusAndromaque (1667), II, 1Andromaque (1667), II, 1, HermioneAndromaque (1667), II, 2, OresteAndromaque (1667), II, 5Andromaque (1667), II, 5, PyrrhusAndromaque (1667), III, 1Andromaque (1667), III, 1, OresteAndromaque (1667), III, 1, Pylade