Ceux qui ne font pas les choses les racontent. Ceux qui les font se taisent.
Le destin n'aime pas qu'on embrouille son fil.
Pour exprimer son âme, on n'a que son visage.
La prière et l'amour ont les mêmes secrets.
Il me fallait inventer l'histoire, le lieu, les personnages, les héros, capables de donner le change et propres à flatter ce goût de reconnaître que le public préfère à celui de connaître, sans doute parce qu'il exige un moindre effort.
Ne ressembler à rien. Ne ressembler à personne. Il n'existe pas d'éloge qui puisse me toucher davantage.
C'est en faisant un peu les choses qu'on arrive à ne rien faire du tout.
Le vrai drame, c'est la distance et que les êtres ne se connaissent pas.
Le silence fait plus peur que les cris.
Une mise en scène est un suicide. Son rôle se borne à réveiller quelques dormeurs.
Le véritable symbole n'est jamais prévu. Il se dégage tout seul, pour peu que le bizarre, l'irréel, n'entrent pas en ligne de compte.
L'homme fat trouve toujours un dernier refuge dans la responsabilité. Ainsi, par exemple, prolonge-t-il une guerre après que le phénomène qui la décide a pris fin.
Toute oeuvre vivante comporte sa propre parade.
Une pièce de théâtre devrait être écrite, décorée, costumée, accompagnée de musique, jouée, dansée par un seul homme. Cet athlète complet n'existe pas. Il importe donc de remplacer l'individu par ce qui ressemble le plus à un individu: un groupe amical.
Les mirages sont en quelque sorte le mensonge du désert.
Le montage c'est le style. Un cinéaste qui ne monte pas lui-même est traduit dans une langue étrangère.
La France aime tuer ses poètes, les embaumer après et tuer les poètes nouveaux à coups de momies.
La sagesse est d'être fou lorsque les circonstances en valent la peine.
Tout brûle et se consume. La vie résulte d'une combustion. L'homme a inventé de brûler en laissant derrière lui de belles cendres. Il y en a qui restent chaudes. C'est par elles que le passé se montre sous sa forme de présence.
La source désapprouve presque toujours l'itinéraire du fleuve.
J'ai la peau de l'âme trop sensible. Il faudrait apprendre à son âme à marcher pieds nus. S'y faire une corne. Se répéter la sentence chinoise: «Rétrécis ton coeur.»
En art, il n'y a que des batailles ou des tombes.
Picasso dit: «On peut écrire et peindre n'importe quoi puisqu'il y aura toujours des gens pour le comprendre (pour y trouver un sens).»
Il y a un utile et un inutile en art. La majorité du public ne ressent pas cela, envisageant l'art comme une distraction.
« Ce que le public te reproche, cultive-le, c'est toi. » - Enfoncez-vous bien cette idée dans la tête. Il faudrait écrire ce conseil comme une réclame.
Œuvres de Jean Cocteau
A François Mauriac.A Madame A. MauroisA propos de Brigitte Bardot.Allégories (1941)AntigoneAntigone (1922)Antigone, PostfaceCoupures de Presse, Secrets de beautéDiscours d'Oxford (1956)Discours de réception à l'Académie françaiseDiscours de réception à l'Académie française, 20 octobre 1955Discours de réception à l'Académie française, 20 octobre 1955.Discours de réception à l'Académie française.Discours du grand sommeil, Adieu aux fusiliers marinsDiscours du grand sommeil, prologue, 4Du cinématographeDémarche d'un poèteEntretiens sur le cinématographeEssai de critique indirecteEssai de critique indirecte (1932)